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Le blog de Robert
tranches de vie, mode de vie, travail et passion, vie...

La vie à Durandalem. 768.

robertditsch

   

 

L'histoire de Durandalem est détaillé ici. Les annexes seront détaillés à la fin de l'histoire...

 

                         Préludes

 

 

          Vendredi 21 juin 767

 

 

 

La visite au chalet de Michel Wald

 

 Marianne, Mariette, Dillon

    Dillon d’Ortega, le commis du Fernand Bauer, le fermier, doit livrer quelques denrées, des légumes, des fruits au chalet de Michel Wald, le bûcheron, sur le versant Sud de la colline.

     En chemin, il passe par chez Clovis Hune, l'éleveur de volailles pour emmener une douzaine d'œufs ce qui évitera à Clovis d'y aller. Arrivant au chalet, il ne voit personne ! Ni Michel, ni ses filles jumelles, Marianne et Mariette, ne semblent être là ! Il appelle, mais pas de réponse...

     Mais, peu après, il voit les deux sœurs, qui sortent de la grange en tenue très légère, juste un petit bout de tissu autour de leur taille, lui font de grands signes pour qu'il les rejoigne, ce qu'il fait prestement, curieux de voir ces deux anges si légèrement vêtus ! Il entre dans la grange, il voit des grands tissus étendus, d'autres en train de tremper dans différents bains colorés, d'autre aussi suspendus tels des voiles d'un navire. Les deux sœurs expliquent à Dillon qu'elles teignent les tissus pour après les couper et en faire des tenues magnifiques pour les soirées au bourg. Il est arrivé au moment où elles procédaient aux essais, l'une sur l'autre, d'où leur tenue plus que minimaliste !

 

Annexe 1.

 

      Mercredi 10 juillet 767

 

La Chambre des commis

 

François, Le Borgne, Dillon

    Dillon d’Ortega grand gaillard à la longue chevelure blonde, est venu s'installer, à côté de l'auberge de Child, comme maître d'arme dans le village, après son éducation reçue à Mettis, dispensée par Jean d'Ortega, son père adoptif.

   Son emploi lui laissant pas mal de temps, il travaille comme commis, dans l'exploitation de la ferme du Fernand Bauer, avec Le Borgne, que Fernand a recueilli enfant, adopté, et élevé avec son propre fils, François. Dillon a toujours été discret sur son enfance, passée à Mettis chez Jean d'Ortega, et ne se confie pas facilement aux deux garçons.

   François est jeune maraîcher, il parcourt les marchés de la contrée, et même au-delà, pour vendre les produits de la ferme. Depuis leur enfance, François et le Borgne vivent ensemble, mangent ensemble, dorment ensemble, et un lien d'affection s'est formé au fil du temps, une entraide entre les deux garçons est réelle, et une affinité sensuelle s'est développée chez eux. Ensemble, ils ont découvert les plaisirs des caresses mutuelles, et de la jouissance en commun, et leurs corps n'ont plus de secrets pour les deux garçons !

 

Annexe 2.

 

                Mardi 16 juillet 767

 

Chez Dillon

 

François, Le Borgne, Dillon

     Quelques temps plus tard, les trois garçons se retrouve dans la ferme du Fernand, et se souviennent de leur soirée chez les frères, ils décident de remettre ça le soir-même !

     Ce coup-ci cela se fera chez Dillon qui pour l'occasion prépare une grande couche, bien moelleuse, où ils pourront s'ébattre à foison ! Les frangins arrivent, Dillon les accueille en chemise, sans dessous, laissant apparaître son sexe qui bien qu'il soit au repos, dépasse quelque peu ! Il les met à l'aise, ils goûtent une gnole qu'il a pris chez Child, ils devisent de la manière dont ils vont procéder, et s'agenouillent sur la couche.

 

Annexe 3.

 

                Jeudi 25 juillet 767

 

Premiers amours

 

Armand, Gabin

    Cet été de l'an de grâce 767, la chaleur est vive sur la province d'Austrasie.

    Au nord du bourg de Naborum, dans le canton d'Oderfang, un étang attire pendant toute la belle saison de nombreux badauds à la recherche d’un peu de fraîcheur dans cette eau claire, résurgence de la nappe phréatique située sous Naborum. Les pluies abondantes du dernier printemps ont fait monter le niveau d'eau de façon spectaculaire, et un grand territoire se trouve aux berges de l'étang. Les jeunes de Naborum, mais aussi des villages avoisinants, Durandalem, Laudrefang ou Tenquin aiment à se retrouver les après-midis pour passer de bons moments ensemble au bord de l'eau.

   Armand, fils de Roger Capes, maraîcher de Tenquin, accompagne souvent son père au marché de Naborum, et connaît plusieurs jeunes du bourg, notamment Gabin Fleich, le fils du boucher de Naborum, avec qui il lie d'amitié. Un matin, sur le marché, ils décident de se retrouver à Oderfang cet après-midi. Ils sont bons copains, et aiment faire des blagues ensemble et cet après-midi, il fait particulièrement chaud ! Ils s'amusent à s'asperger au bord de l'étang et de fil en aiguille, dans une joute amicale, leurs jeunes corps moulés dans les habits mouillés, dans un corps à corps ils tombent dans l'eau et éclatent de rire ! Tout mouillés, Gabin ses longs cheveux sur le visage, Armand d'un geste délicat les écarte, dévoile un visage qu'il n'avait jamais vraiment regardé de près auparavant. Il lui caresse le front, puis les joues, il passe un doigt sur les lèvres de Gabin, qui ouvre la bouche, et le happe pour le sucer langoureusement.

 

Annexe 4.

 

          Vendredi 26 juillet 767.

 

Etang d’Oderfang

 

Armand, Gabin

    Armand Capes et Gabin Fleich ont pris l'habitude de se retrouver les après-midis au bord de l'étang d'Oderfang, où ils se promènent main dans la main, s'échangent des baisers, parlent peu, leurs regards suffisent à signifier leur amour réciproque !

   Une journée ou le soleil cogne, ils s'assoient à l'ombre du grand chêne, adossés au tronc séculaire, et se reposent, ils viennent de traverser l'étang à la nage et sont fatigués, ils sont tranquilles, nus, leurs habits séchants accrochés aux branches basses.  De ce côté, de l'étang, il n'y a pas de chemin d'accès, pas de risque d'être surpris. Ils s’endorment, paisiblement, leurs rêves sont remplis d'amour...

 

Annexe 5.

 

 

 

       Chapitre 1

 

 

   Vendredi 28 février 768

 

 

Les gens du village de Durandalem

 

     Je suis Robert. Robert le Schmit. Le forgeron. Je me lève. Il fait encore nuit. Dans les braises de l'âtre, je pose quelques bûches, retire un bout de bois en flamme et allume ma lampe à huile.  Une lueur blafarde éclaire la pièce derrière l'atelier. Estelle, ma Dame, dort encore, ainsi qu'Alison, notre fille adolescente de quatorze ans, et notre fils de dix ans, Benjamin.

      Je quitte mes habits de nuit, humides malgré les peaux recouvrant la couche, je me réchauffe, nu devant la chaleur du feu. Je grignote un quignon de pain et un bout de fromage, avec une rasade du vin de Child Germain, l’aubergiste.  Tout est calme au dehors, les crépitements des braises réactivées résonnent dans la chambre. Une fois qu'elles seront séchées à la chaleur de l'âtre, je pourrai enfiler mes braies de travail. Le jour se lève.  Il fait encore froid en cette fin de février.

     Je suis Robert, forgeron et maréchal-ferrant. J'habite un petit hameau, Durandalem, au fond d'une vallée de l’Austrasie entourée de collines qui hélas, désespoir du forgeron, ne recèlent pas de fer. Du plomb au sud, du cuivre au nord. Le fer, ainsi que le charbon, proviennent des provinces du nord de l'Austrasie.

      Ce matin, je dois allumer ma grande forge, située sous la cascade, au bout du bourg, vers les collines. La journée est chargée ! Hier, on m'a livré du minerai provenant des confins du royaume, par une ordonnance émanant de l'abbaye des Glandières. Je dois en extraire le fer.    La grande forge de Robert est spéciale ! Pour fondre le minerai, j'ai trouvé un système ingénieux de ventilation forcée. L'énergie provient de la roue à aube, dans la cascade.

      Nous sommes bientôt au printemps. La saison froide tire à sa fin, les neiges fondent, et la cascade débite bien plus d'eau qu'il n'en faut à la roue. "Que peut-on faire de toute cette énergie ? «, m’interrogé-je parfois, imaginant des machines fantastiques... tout en chargeant mon foyer de bois et de charbon. J'ai mis au point un système d'alimentation en eau pour le village.  Chaque maison possède une arrivée d'eau : il suffit de soulever le panneau à l'extrémité du tuyau pour qu'elle s'écoule, depuis une réserve constituée d'une immense barrique. Cette barrique est située sur la colline. Elle se remplit d'eau avec des seaux mus par la force de la roue à aube. Le tuyau court à travers tout le village avec des ramifications à chaque maison. Tous les villageois reconnaissent que c'est bien pratique d'avoir de l'eau à volonté dans sa maison !

      Pour Michel Wald, le bûcheron, j’ai inventé une scie qui, grâce à un mécanisme mu par l'énergie de la roue à aube, débite automatiquement des planches, de rondins de bois, planches dont tout le monde fait grand usage !

    Michel Wald, maître charpentier, bâtit des maisons, des granges, construit des meubles fonctionnels, des armoires et autres cagibis de stockage, finement décorés des sculptures de ses filles Marianne et Mariette, des jumelles blondes de vingt ans. Il est maître charpentier, et donc pas une des demeures du village ne s'est construite sans lui.

     La forge commence à bien chauffer. De chauffe en chauffe, le fer contenu dans le minerai finit par fondre et coule directement dans de grands rectangles de terre cuite, qui formeront la base de lames d'épées.  Au bout de la matinée, j'ai fini. Il y a cinq moules pleins. Je peux donc forger cinq épées ! Je peux rentrer chez moi. Estelle a préparé le déjeuner, et je dois allumer la petite forge au village pour l'après-midi. Des chevaux ont besoin d'être ferrés.

 

 

 

 

 Le don du ciel

 

     Soudain, en chemin vers le village, un grondement venant de l'ouest derrière moi me fait me retourner ! Une boule de feu arrive du ciel et s'écrase dans un vacarme assourdissant, labourant la prairie à quelques coudées de ma grande forge !

     Il s'en est fallu de peu !

     Je retourne prestement vers le lieu de l'impact, je suis rejoint par les habitants du village, intrigués et effrayés par cette boule de feu tombée du ciel !  En touchant le sol, la boule, un caillou de trois pieds de diamètre, a creusé un sillon d'au moins cent cinquante pas dans la prairie. Un nuage de vapeur monte au contact de la terre encore froide et enneigée. La chaleur a fait fondre la neige dans un rayon de dix pas.

      On entend comme un sifflement. 

     D'abord de couleur rouge, elle refroidit et vire rapidement au noir, et le sifflement diminue en fréquence, s'atténue, jusqu'à disparaître.

     Je m'en approche. Le curé du village, l'abbé Paul Angst, me conjure de rester à l'écart, ceci ne pouvant être que l'œuvre du Démon !  Pour l'abbé Paul, tout ce que lui ne peut expliquer sur-le-champ est l'œuvre du Démon...   Malgré son avertissement, je vais chercher des outils, et avec d'infinies précautions, j'essaie de tâter la boule. J'ai du mal à approcher la pique, non seulement à cause de la chaleur que la boule dégage, mais ma pique en fer a tendance à être repoussée par la boule. À l'aide d'une lance en bois, je peux la toucher. Elle est molle, comme du fer très chaud.

      Oh ! Mais que voilà un beau minerai tombé du ciel, cadeau des Cieux. Ce qui est loin de l'avis de l'abbé Paul, voyant plutôt là les portes de l'enfer s’ouvrir. D'un pas décidé, l'abbé s'en retourne vers sa chapelle, et sonne le tocsin ! Pourtant, personne n'est mort...  Mais l'abbé est aussi pleutre que curé. D'un commun accord, nous nous donnons rendez-vous ici même après le déjeuner, déjà retardé par l'événement. Il faudra rouler la boule jusqu'à la grande forge quand elle sera refroidie.

     L'après-midi, la boule a durci, suffisamment refroidie pour être roulée, à grand renfort de bâtons, jusqu'à la grande forge.  Je remarque que son poids paraît léger au vu de sa taille. L'abbé Paul n'a pas réapparu. Terrorisé, il s'est enfermé dans la chapelle, prie tous les saints de lui venir en aide !

     Un phénomène étrange : les petits éclats et copeaux de fer jonchant le sol sont repoussés par le passage de la boule. Qu'est-ce donc que ce prodige ? De la diablerie ? L'abbé aurait-il raison ?  Ce serait bien la première fois !

      Je m'en occuperai demain, si Dieu me prête vie. Pour l'heure, je dois ferrer Bella, la jument du Fernand Bauer, le fermier. Dillon d’Ortega, un des commis du Fernand, me mènera la jument à la forge. Et il faut aussi que je continue le travail sur un rouage pour P'tit Louis Muller, le meunier et boulanger.

      Émile Pferd, l'éleveur de chevaux, vient passer commande de chevaux à ferrer. Il a un client important qui viendra sous peu acheter quelques mâles et une jument. Il est installé à l'orée du bois, sur la route de Naborum, et doit construire, avec Michel Wald, des charrettes pour son client. Bien sûr, il compte sur moi pour cercler les roues de ses charrettes ! Tout en œuvrant, je pense à cette boule. Mais de quoi est-elle faite ?

     D'où vient-elle ?

      Est-ce un cadeau de Dieu ?

      Ou est-ce un châtiment ?

     Dans un cas comme dans l'autre, est-ce pour moi, Robert ? Sûrement, vu qu'elle est tombée juste à côté de la grande forge.

 

 

 

Childéric

 

      Le crépuscule est là, il est temps d'aller chez Child écluser quelques chopines et relater l'événement.

     Child, de son vrai patronyme Childéric Germain, est notre "blanc qui vend tout " ! Childéric est un ancien négociant, archer réputé dans l'armée de Pépin.  Il parcourait le monde pour trouver toutes sortes de choses. Un jour, il y a déjà des années, il est arrivé avec Pépin en route pour Mettis, s'est amouraché de Berthe, la sœur au Fernand, qui lui a donné une fille, Manon.

      Et il est resté à Durandalem, s'installant dans le village, ouvrant une échoppe de toutes sortes de produits, et installant une auberge qui est vite devenu l'agora du village. 

     Son érudition et ses nombreux savoirs l'ont fait élire adjoint du bourgmestre Jacou Artz.

     Son échoppe recèle des trésors, des denrées et épices d'Orient, des vins des coteaux d'Aix, des cervoises de Belgique, des tissus de Cachemire, des soies de Lugdunum, des étoffes venues des plus lointaines contrées d'Orient, des onguents et pommades de tout l'Empire romain d'occident et d'orient, des bijoux et ornements provenant des conquêtes de l'Armée du roi, et moult alcools venus des provinces de l'est. Sans oublier la production locale, fournie par Clovis Hune, l'éleveur de volailles, Alvin Koch le boucher pour les viandes et par le Fernand Bauer pour les légumes et autres fruits. Et le schnaps distillé par le même Fernand !

      Toute une partie de l'échoppe renferme des armes, une passion de Child. La petite hachette côtoie un trébuchet, des arcs et autres arbalètes sont accompagnés de flèches. Il y en a de toutes sortes : des flèches à pointe en triangle, classiques, en harpon, provoquant des blessures inguérissables, des flèches terminées par une boule, pour assommer sans tuer, des flèches à bout en croissant, qui tranchent net tous les membres qu'elles touchent, des flèches -sifflets pour terroriser l'ennemi, des flèches rotatives, transperçant toute matière, y compris les cotes de mailles et les armures, des flèches incendiaires, s'allumant au moindre contact...

     Les arcs aussi sont de factures variées ! Certains peuvent tirer cinq ou six flèches en même temps. D'autres, plus petits, à double courbure, ont une portée bien plus grande que les arcs classiques. Des arbalètes à répétition avec un magasin de vingt flèches sont capables d'envoyer deux flèches par seconde, des engins sur trépieds tirent des lances les unes derrière les autres avec une force inouïe sur une lieue de distance.

     À côté trône tout un étal de lames, de la petite dague " d’évêque " dissimulée dans une manche d'habit, même sacerdotal, à la grosse épée lourde de cinq pieds de long et douze livres de poids, du cimeterre sarrasin au sabre des confins de l'Orient. Toute une gamme d'épées est présentée ici, y compris la production locale, que je fabrique régulièrement.

     Des vêtements de protection allant de la cote de maille à l'armure la plus lourde, en passant par les gants, épaulières coudières et autres heaumes, casques et plastrons censés garantir la vie sauve en cas d'attaque au corps à corps, côtoient des habits plus luxueux qui sont plus de parade que de défense.

     Tout ce que le génie humain a pu inventer pour faire la guerre et tuer... Child fait souvent appel au forgeron pour construire des nouveaux modèles sortis de son imagination, et je participe avidement à ses créations.  Les pièces de bois sont confectionnées par Michel Wald, le bûcheron.  L'échoppe de Child est réputée au-delà des collines, et nombre de guerriers viennent à Durandalem se pourvoir en armement.

    Bien sûr, on trouve aussi les pains de P'tit Louis Muller et les gâteaux et autres délicatesses de la Berthe Muller, la dame au P'tit Louis. À côté de l'échoppe, la taverne, ou plutôt l'auberge, est le lieu de rencontre de Durandalem. Pour les voyageurs, Child a toujours quelques paillasses et un bon dîner à proposer. Sa muse, Berthe Germain, assistée de sa fille Manon, est un vrai cordon bleu, maîtrisant l'art culinaire comme personne.

 

 

 

 

 L'auberge de Child

 

     Child Germain est derrière son comptoir, à servir des roquilles de la dernière production du Fernand : une quetsche de l'automne dernier, bien macérée, et distillée récemment.

     Le Fernand Bauer est là, avec son fils François, et ses deux commis, Dillon d’Ortega, et Le Borgne.

      Michel Wald aussi est là, accompagné de ses filles, Marianne et Mariette, des jumelles de 20 ans, dont la joie permanente égaye l'assemblée.

     Le boucher, Alvin Koch, son épouse Elvire et ses jumeaux Judith et Roger arrivent pour boire un verre.

     L'abbé Paul Angst entre dans l'auberge, une grande croix portée à bout de bras, espérant grâce à Dieu pouvoir museler ce démon qui nous est apparu !  Quelques paroissiens le suivent, Claude Stein, qui travaille comme cantonnier avec son frère Pierrot, son épouse Marie, et leur fille Jenny, de dix ans, ainsi que Germaine et Gertrude Beten, deux sœurs vielles filles bigotes qui s’occupent de la chapelle.  Il a réussi à semer le doute sur cet objet venu du ciel. Tout le monde demande à l'abbé d'arrêter d'appeler le Seigneur à haute voix, Dieu n'est pas sourd !

     Claude Kaas, l’apothicaire est venu seul, sa femme Rosine est restée avec leur fils Maxime de cinq ans à la boutique.

     P'tit Louis Muller arrive, avec son épouse Berthe, son grand fils Isabeau, dix-neuf ans, sa fille Jeanne, quinze ans, et son petit dernier, Grégoire, dix ans, sur ses talons.  Il apporte des tartes flambées aux oignons et lardons, qu'il fait à chaque nouvelle flambée pour son four à pain. Elles sont le régal habituel de la fin d'après-midi. 

     Il est suivi de Clovis Hune, sa femme Clothilde, et leurs deux fils Gérôme, de onze ans et Fabien, de neuf ans, avec ses paniers d'œufs, et quelques volailles fraîchement plumées, pour Child.

      Il y a aussi Pierrot Stein, le cantonnier, avec son épouse Gisèle, et leurs enfants Agathe, onze ans et Félix, huit ans. Pierrot est le petit frère de Joseph, qui est handicapé, blessé dans un éboulement dans sa carrière qui a tué sa femme et éborgné son fils de seize ans maintenant, qu’on appelle dorénavant Le Borgne. Joseph est impotent et a perdu la raison. Il est gardé par Pierrot dans sa maison.

      Georges Hair, le barbier vient avec son épouse, line, et sa fille Aline de dix-huit ans.

      Le coutelier Denis Pepin et sa femme Béatrice se joignent à nous.

       Nous en sommes à trinquer, à parler de cette boule qui se trouve dans ma grande forge, et qui est tour à tour magique, bizarre, démoniaque, fantastique, mauvais présage, divine, dangereuse, " c'est un avertissement divin !" Mais le summum c'est quand je dis : « Demain je vais la faire fondre ! »

     Un tollé général ! « Tu es fou ! Inconscient !  Hérésie ! Blasphème !

     Tu vas tous nous tuer ! » crie l'abbé au bord de la crise de nerfs.

      La discussion s'enflamme, attisée par la quetsche, quand arrivent deux cavaliers.  La nuit est tombée, mais la pleine lune dévoile les deux silhouettes.

      L'un des deux est Jean Christian, l'abbé des Glandières, de l'abbaye de Saint-Martin du même nom, dans la vallée à côté, sur la route de Mettis.  L'autre, richement vêtu, semble être un personnage important.

      « Nous avons vu le signe du ciel ! », annonce d'entrée l'abbé Jean, « et entendu le tocsin ! »  Jetant un regard noir sur notre curé. « Monseigneur Denis Le Bon, évêque de Mettis, ici présent, est mandaté par Charles, fils de Pépin, pour faire confectionner une épée par chaque forgeron du royaume, pour participer à l'effort de guerre contre les Vascons qui menacent le pays. Il était avec moi ce matin à l'abbaye des Glandières quand nous avons vu le signe dans le ciel. Pouvez-vous nous en dire plus ? »

     Aussitôt le curé prend la parole et essaie de convaincre et l'abbé Jean et monseigneur Denis du bien-fondé de son inquiétude.   Monseigneur Denis Le Bon, évêque de Mettis, qui connaît l'abbé Paul et sa légendaire panique à chaque événement hors de la norme le fait taire d'un geste de la main.

    Un éclair et c'est le Diable qui crie !  Une rafale de vent et c'est Belzébuth qui souffle ! Quand Child est arrivé au village, c'était le diable en personne et quand il a séduit et engrossé Berthe Bauer, la sœur au Fernand Bauer, c'était la fin du village, qui serait maudit et détruit par le mal !

     Et la discussion repart de plus belle, chacun ayant une précision ou un détail à apporter.  Child calme le jeu en offrant une tournée, un repas à ces hôtes de marque, et leur propose un appartement qu'il met à la disposition des voyageurs de marque, que Manon va préparer pour eux.

      Monseigneur Denis, érudit, après ma description et un moment de réflexion, nous explique que ce n'est pas une coïncidence. 

      « Non !  Hurle l'abbé Paul, c'est le diable ! »

     Congédiant l'abbé Paul, le renvoyant prier pour le salut de son âme tourmentée, Monseigneur Denis continua son explication. Sa venue pour me mander une épée et ce minerai tombé du ciel, à côté de ma forge, ne peuvent que signifier une chose ! Il en tire son interprétation de cet événement céleste et nous la révèle :

     « Robert, tu dois faire de ce caillou une épée ! Pour Charles ! C'est la volonté de Dieu ! »

      Les plus craintifs dans l’assistance, échaudés par les délires de notre curé, se font à plusieurs reprises, bénir par Monseigneur Denis demandant à Dieu de les épargner lors de cet acte qui relève sûrement de la sorcellerie !

     Jacou Artz, notre médecin, érudit, qui remplit aussi la tâche de bourgmestre du village, nous explique que ce n'est somme toute qu'un phénomène astral, notre Terre recevant de ci de là tous les jours des corps tombés du ciel. Et ceci, bien que rarement perçu dans nos contrées, est déjà arrivé, relaté par les écrits des moines disséminés sur le continent.

 

 

 

 

Dillon d’Ortega

 

     Dillon est un grand et solide gaillard !

      Une tignasse blonde couvre son chef, et cache partiellement une cicatrice sur son front, restes d'un combat à l'épée. Discipline où il est depuis passé maître ! 

     C'est en tentant de défendre ses parents, attaqués par des pillards dans leur maison à l'entrée du village, que Dillon, alors âgé de dix ans, avait saisi l'épée du père, et avait blessé et mis en fuite deux des trois pillards, le troisième lui ayant assené un coup de la tranche de son épée sur le front.  Il parvint néanmoins, avant de plonger dans l’inconscience, de percer le flan du pillard, qui succomba sur place.

     Ses parents, hélas, n'avaient pas survécu à l'attaque. Il fut soigné par le doc, Jacou Artz, qui l'hébergea quelque temps chez lui.

     Un ami de Jacou, Jean d’Ortega, maître d'arme à Mettis, enseignait son art dans toute la province, et ne manquait pas de passer saluer son ami lors de ses voyages, et de visiter l'échoppe de Child, avide des nouvelles découvertes de ce dernier.  Il prit sous sa coupe et adopta le jeune garçon, l'emmena à Mettis, lui donna une éducation noble et lui enseigna l'art de l'épée. Jean d'Ortega fit de Dillon un érudit, et une des plus fines lames de la contrée.

     Quand il eut atteint l'âge adulte, Dillon d’Ortega revint au village, et ouvrit une école d'arme, sous la bénédiction de son mentor et père adoptif Jean d’Ortega, à côté de l'échoppe de Child qui voyait là un bon moyen de faire commerce de ses créations et de ses trouvailles par le monde. Travaillant comme commis auprès du Fernand, il est devenu un fidèle client de ma forge, apportant son savoir des arts des armes et son érudition des sciences et des chimies du feu.

 

 

Le métal céleste

 

     Me voilà nanti d'une mission ! Fabriquer une épée, avec un caillou... Divin, certes ! Monseigneur Denis et l'abbé Jean se retirent dans leurs appartements, ils reprennent la route demain, dès que se peut.

 

 

 

 

La chambre de l’auberge

 

Manon, L’abbé Jean, L’évêque Denis.

      Dans l'auberge, le soir, dans l'appartement, l'abbé jean Christian des Glandières et Monseigneur Denis Le Bon, l'évêque de Mettis.

     Manon a fini de préparer l'appartement, elle a prévu une grande couche, pour l'abbé et l'évêque. La cheminée rayonne, sur la grille une grande marmite chauffe de l'eau.

      Ils arrivent pour prendre possession des lieux, tous deux remercient Manon qui est bien aise de les servir, elle reste à leur disposition pour tous besoins des hommes d'Eglise. Ils lui demandent donc, de leur faire couler un bain.  L'eau est chaude, Manon a veillé à ce qu'elle le soit, Et le bain est près, dans une baignoire en bois, suffisamment grande pour y asseoir deux personnes.

       Manon, en bonne servante, les déshabille donc, l'évêque en premier, et les installe dans la baignoire, remplie d'eau bien chaude, pour leur plus grand plaisir. Puis, elle se met à les frotter, d'un savon venu des contrées au-delà de la Grande Bleue, dont même la reine Cléopâtre jadis faisait usage, un savon au lait d'ânesse, parfumé aux senteurs de lotus.

      Child l'avait ramené de l'un de ses voyages aux confins de l'empire Romain d'Orient.  Ce n'est pas la première fois que Manon lave des hommes, et sait comment leur faire plaisir dans le bain. Puis elle se mit en devoir de les sécher, les frottant doucement, les cheveux, la tête les bras, le corps, les jambes...et l'entre-jambe...

       Les deux hommes, relaxés par tant de soins délicats, se mettent à caresser Manon, qui se laisse faire…

 

Annexe 6. 

                                                                             

 

         Samedi 29 février

 

 

 

 

La fonte

 

     La nuit se passe, des questions, des peurs, puis des ébauches de mode opératoire.   Des plans sont élaborés. Le Fernand me prête ses commis pour construire un four plus résistant, devant supporter des températures très élevées, bien plus élevées que pour le minerai de fer, d'après moi.

       Et à l'aube, après une nuit blanche réchauffée par la quetsche du Fernand, me voilà prêt à retourner à la grande forge. Tout un cortège m'accompagne, Monseigneur Denis en tête, pour découvrir ce don de Dieu. L'abbé Paul observe de loin, n'osant pas s'approcher.  La boule est toujours là, dans la grande forge au fond de la vallée. Elle a bien refroidi, et nous pouvons la manipuler.

    Première surprise ! Au lieu des quelques cinq cents livres que pèserait une boule de fer de cette taille, elle ne fait qu'une centaine de livres ! La matière est très dense, bien moins poreuse que le minerai de fer, et une pincée de limaille de fer jetée sur la boule est aussitôt éjectée dans toutes les directions. Aucun de mes outils n'arrive à entamer sa surface, étant lui-même fermement repoussé.

      On décide, d'un commun accord avec Monseigneur Denis, de fondre cette boule.  Pour cela il faut agrandir le four, beaucoup de charbon, et le charbon viendra des Glandières dans la journée.  Monseigneur Denis et l'abbé Jean s'en retournent. Dès son retour à l'abbaye, l'abbé fera mander en hâte une charrette de charbon.

    Chacun est retourné vaquer à ses tâches. Le Fernand, comme convenu la nuit précédente, me laisse ses deux commis, Dillon et Le Borgne, pour finir la construction du four.  La ventilation est ajustée, un culottage au bois de chêne, peaufiné par Michel, le bûcheron, finalise le tout.

      On attend le charbon, qui ne saurait tarder.  L'abbaye n'est qu'à deux lieues de Durandalem. Mais la charrette, tirée par deux puissants percherons, les plus solides chevaux que je connaisse, ne peut passer par la colline, elle doit faire le détour par la route de Mettis vers Naborum, et remonter par la vallée. Elle arrive enfin, on peut s'y mettre, tout est prêt.  La mise en place de la boule est facile.  À deux on la soulève !

     Dans la forge, il ne reste que Dillon, Le Borgne et moi.  Estelle mon épouse, et mes enfants, Alison et Benjamin, sont passées nous apporter de quoi nous sustenter.  Nous ne pourrons quitter la forge une fois le brasier lancé.

      Et un feu d'enfer occupe bientôt le four, attisé par un vent puissant actionné par un soufflet géant, mu par la roue dans la cascade ! La chaleur intense fait jaunir la boule, puis rougir. Un sifflement apparaît, de plus en plus aigu au fur et à mesure que la boule vire du rouge au blanc. 

     Mon four craquelle de toutes parts, jamais je n'avais atteint de telles températures ! Le sifflement, trop aigu, est devenu inaudible. Un filet de matière en fusion se forme et coule, en un fluide gris brillant. Aussitôt récupéré dans un moule.

     Il fait une chaleur infernale. Nous sommes nus, enfilant un tablier de cuir pour approcher et charger le four. L'eau abondante permet une pluie au fond de la forge pour nous refroidir régulièrement, aussitôt évaporée dès que nous approchons du four.

 

Annexe 7. 

 

     Une fois la dernière goutte extraite de la boule, nous recouvrons vivement de sable tout ce brasier, jusqu'en haut du four, une fumée mêlée de vapeur envahie la forge, alors prestement nous enfilons nos braies et sortons de cet enfer, ou un sifflement d'abord très aigu, qui diminue en fréquence mais pas en intensité nous incite à nous éloigner de la forge. Dehors il fait bien plus frais, cela nous fait du bien de respirer un air pur et vivifiant !

      Il est temps pour nous d'aller se réhydrater chez Child !

      Quatre bonnes pintes de ce fluide ont suinté de la boule, puis, malgré des efforts de surchauffe, plus rien, sinon une boule blanche, légèrement plus petite qu'avant. Le four est en fin de vie, à bout, il se disloque, on risque l'incendie !

      On arrête tout, on couvre de sable le magma de charbon et ce qui reste du four. Le sable fond au contact du magma !  Il faut maintenant laisser refroidir. La journée est bien remplie. 

       Le sifflement aigu réapparaît au fur et à mesure du refroidissement de la boule, et nous incite à rapidement lever le camp !  Et avec Le Borgne et Dillon, nous allons chez Child nous réhydrater après cet enfer !

 

 

 

 

Les nouvelles

 

       Des nouvelles nous parviennent des confins du royaume. Reproduites dans l'abbaye en plusieurs exemplaires.  Rendez-vous tous chez Child. Notre bourgmestre dit, devant une assemblée réunissant tout le village, tout ouïe :

      « - Pépin et son fils Charles sont en Aquitaine, il a repoussé les Sarrasins mais son armée s'affaiblit. Au sud, au-delà des Pyrénées, des troubles éclatent, les Vascons fomentent une guerre. Carloman est en Provence, il se bat contre les Lombards qui veulent reconquérir la Papauté. Pour l'instant, il arrive à les contenir. Pépin est malade. Sentant sa fin proche, Il rentre à Saint-Denis. Un recrutement aura lieu pour renouveler et renforcer l'armée du roi, pour lutter contre les Basques, il concernera tous les jeunes hommes de quatorze ans à dix-huit ans.  À charge des seigneurs d'armer leurs paysans. »

      Sont concernés Le Borgne et François, les fils au Fernand. Isabeau, le fils à P'tit Louis, Isabeau, qui vient de fêter ses dix-neuf ans, échappe au recrutement, et c'est tant mieux, car P'tit Louis en a bien besoin pour faire tourner le moulin pendant qu'il est au pétrin !

      Dillon, sur recommandation de Jean d'Ortega, nommé depuis capitaine des soldats du roi, est pressenti pour former les jeunes aux arts de la guerre, et devra donc enseigner Le Borgne et François, du village, mais aussi les jeunes des villages avoisinant, Laudrefang, à l'ouest, Tenquin, au sud, Naborum jusqu'à Hombourg, à l'est.

     Cela fait une dizaine de jeunes gens à former, et ce en un temps très court, l'armée du roi doit être prête avant l'hiver !  Cette nouvelle jette un froid !

       La guerre !  Et Durandalem devra payer son tribut !  Dillon est enthousiaste ! "Je ferai mon épée avec Robert, ce sera la meilleure ! "

       Le Borgne, lui, évidemment ne voit pas cela d'un bon œil ! Un accident lors d'un éboulement dans la carrière de son père alors qu'il était minot, lui avait crevé un œil, d'où son nom. Il avait un autre patronyme, Stein, comme son père, mais dans toute la contrée, on ne le nommait que " Le Borgne ", le fils de Joseph.

     Joseph, lui, tailleur de pierres naguère, dans le même accident avait perdu non seulement son épouse, qui succomba à ses blessures, mais aussi la parole et la raison, et n'était plus que l'ombre de lui-même, incapable de pourvoir ni à ses besoins, ni à l'éducation du Borgne. Joseph a été recueilli par son jeune frère, Pierrot Stein le cantonnier, le Fernand Bauer a adopté Le Borgne, et l'a éduqué comme son propre fils. Dorénavant, il s’appelle Le Borgne Bauer. François et Le Borgne sont considérés dans le village comme deux frères.

 

 

 

          Dimanche 1er mars

 

 

La naissance de Durandal

 

Annexe 8. 

 

     Après une nuit réparatrice dans ma couche avec Estelle, en arrivant à la grande forge, je constate l'état du four, disloqué, à moitié fondu.  Il y a encore des braises. Une couche dure et translucide recouvre les cendres, c'est le sable qui a fondu ! Intéressant... La boule s'est déformée en refroidissant, elle ressemble maintenant à une grosse quetsche.

      Je démoule la coulée de la veille, et stupeur ! La barre de métal, d'une couleur gris foncé, de trois pouces par un et de quatre pieds de long, ne pèse pratiquement rien. Elle est aussi légère qu'une baudruche gonflée ! Jamais je ne pourrai faire une épée d’un métal aussi léger !

      La barre dans ma besace, je me rends dans ma forge au bourg, il reste des braises du précédent ferrage. Emile, l'éleveur de chevaux, m'attend.  Il passe commande pour douze cerclages de roue, pour la semaine prochaine. Je réactive la forge, je veux voir comment se comporte cette barre de métal léger comme une plume !

     J'ai du mal à la maintenir dans la forge, je dois confectionner des outils qui ne soient pas en fer, avec l'aide de Michel je dois fabriquer des outils en bois, je fabrique une pince en chêne, que je dois tremper souvent pour qu’elle ne s’enflamme pas ! Néanmoins, j'arrive à chauffer au rouge cette barre.

      Elle possède une force qui la repousse dès que je la présente sur l'enclume, et j'ai du mal à la maintenir ! Je frappe de ma masse, qui a l'impression de rebondir au contact de la barre, mais qui donne des formes assez encourageantes. À chaque frappe, les bords s'effilent, sans s'ébrécher...  Je n'ai jamais vu de métal réagir de la sorte ! Malgré l'impossibilité de mélanger le carbone des braises au métal rougissant, comme on le pratique pour renforcer le fer, J’arrive à obtenir un tranchant que jamais je n'ai obtenu jusqu'alors, effilé comme un rasoir !

      De quoi rendre Denis Pepin le rémouleur jaloux !

      J'arriverai à en faire une épée finalement ! Mais il me faut du temps pour faire prendre forme cette barre, qui, après moult chauffages, frappes et refroidissements, accompagnés du sifflement chantant au gré de la température, ressemble maintenant presque à une épée. 

     Les premiers essais sont fantastiques ! Après avoir fixé un pommeau au bout de la barre, je fais des essais de frappe sur divers matériaux. Une frappe sur un billot de chêne le fend en deux ! Bien plus aisément qu'une hache...

      La frappe sur l'enclume est sidérante ! Non seulement l'enclume est entaillée sur plusieurs pouces, mais la lame, pourtant effilée à l'extrême, ne présente aucune écorchure ou bavure après la frappe !

     Un dernier test sur le rocher était tout aussi concluant ! Le rocher est fendu de part en part !

 

 

                     Chapitre 2

 

 

 

              L’école des soldats

 

        Dimanche 1er mars

 

 

 

L’horloge

 

       Jacou vient me voir à la forge. Il voudrait faire une expérience avec le rocher céleste, qui selon lui doit avoir des propriétés extraordinaires.

       D’une boîte qu’il m'a apportée, il sort d'étranges cristaux d’un bleu translucide, de forme cylindrique, et les approche du rocher. Là, chose incroyable, ils se mettent à changer de couleur, et ils oscillent sur eux-mêmes, tour à tour attirés puis repoussés par le rocher !

       « Voilà ! J’en étais sûr ! » s'exclame Jacou.

       Il m’explique qu’il a récupéré ces cristaux avec son maître Sirius, lors d’un long voyage au-delà des mers occidentales. Dans les montagnes, ils furent accueillis chez un peuple qui se nommait les Mayas, que Maître Sirius connaissait déjà, étant originaire de ces montagnes.

     « Les Mayas nous ont affirmé que des êtres venus du ciel leur avaient jadis confié ces cristaux, pour qu'ils les offrent aux premiers voyageurs de la mer qui viendraient chez eux.

     - Comme semble-t-il nous étions les premiers, c'est à nous qu'ils les ont confiés, en nous précisant que ces cristaux auraient des pouvoirs, une fois rapprochés d’autres éléments venus du ciel... 

     - Et les oscillations générées tout à l'heure par l’approche de ton rocher céleste sont la preuve qu'ils disaient vrai !

     - J'ai réfléchi à la façon d'utiliser cette propriété oscillatoireEt voici l'idée qui m'est venue : si nous fixions les cristaux au bout d’un balancier devant le rocher, nous pourrions obtenir un mouvement perpétuel régulier qui nous permettrait de compter le temps ! »

     Il me montre des croquis qu’il a élaborés, avec des roues dentées tournant grâce au balancier, qui poussera d’un cran la roue à chaque balancement. Un jeu d’engrenages que je devrai façonner permettra de ramener la durée de rotation à un tour par jour, ce qui nous permettra de diviser les jours en un nombre de parties égales.

     « Nous pourrons ainsi avoir un temps avant midi, et un temps après midi. Chacun de ces temps sera divisé en deux parties égales, qui elles-mêmes seront divisées en six. Nous obtiendrons ainsi douze parties avant midi et douze parties après-midi... Donc vingt-quatre heures de durées égales. »

     Je réfléchis : comment faire pour que ces divisions soient utiles à tous ? Pour que tout le monde sache à quel moment précis de la journée nous sommes ?

     « Nous pourrions faire sonner une cloche à chaque fois qu’une nouvelle heure s'est écoulée, suggère Jacou. Reste à trouver une énergie fiable pour actionner la cloche ! »

      Je lui propose une crémaillère qui serait incrémentée aussi par le mouvement de balancier. Elle remonterait un poids qui serait libéré à chaque heure, et qui actionnerait la cloche. Ce mouvement serait autonome !

    Jacou retient ma proposition, et me charge de construire ce mécanisme. Je m’y attelle aussitôt. C’est un défi fantastique que je me dois de mener à bien !

     Je calcule avec son aide, et dessine les engrenages qu’il me faudra. Michel Wald, notre bûcheron-menuisier devra, avec l’aide de ses filles Marianne et Mariette, habiles à la sculpture sur bois, me confectionner des moules afin de fondre ces engrenages.

      Jacou a étudié le système que nous avons constitué, et affirme que par un jeu de cames et de ressorts, on pourra même faire sonner la cloche plusieurs fois, indiquant le rang précis de l’heure dans la journée !

     Je forge les pièces nécessaires, je fonds les engrenages.

      Dillon d’Ortega, le commis au Fernand Bauer, aguerri aux travaux de forge, me donne une aide précieuse pour arriver à nos fins : une horloge qui donnera l’heure à tout le village.

 

 

 

 

La construction de l’école

 

      Tout le village, fier de cette décision royale de faire de Durandalem un centre d’entraînement et de formation de soldats du roi, se met au travail pour construire les locaux qui abriteront les jeunes gens en formation.

    Il a été décidé que ce sera Jacou Artz le maître des lieux. Il a imaginé et dessiné les plans. Dillon d’Ortega est déjà désigné comme formateur.

    Mais d’abord, il faut ériger le bâtiment.


 

 

 

Le bâtiment

 

      Il sera construit sur le pré, au fond de la vallée, non loin de la grande forge. Le bâtiment principal sera bâti avec des fondations en pierre, d’une surface de cent sur deux cents pieds.

      Le rez-de-chaussée sera divisé en plusieurs parties.

      Dans la partie en pierre qui monte jusqu’en haut de l’étage, dans l’angle nord-est du bâtiment sur le quart du mur nord et la moitié du mur est, seront installées la chaudière et la production de vapeur, dans une pièce de cinquante par cinquante pieds. Une douche y sera installée.

      L’angle sud-est du bâtiment, l’autre moitié du mur est et le quart du mur sud, ce sera la réserve de charbon, de la même surface de cinquante par cinquante pieds, avec un accès vers la salle des chaudières. Il y aura également une douche.

      Une buanderie, à côté de la pièce à chaudière, occupera le deuxième quart du mur nord.  De la même taille que la pièce des chaudières et la réserve, cinquante par cinquante pieds. Ici aussi, une douche sera installée.

      Devant la buanderie, un espace de la même taille sera disponible pour différentes utilisations, notamment le séchage du linge.

       L’entrée du bâtiment sera au milieu du mur sud, ainsi que l’escalier d’accès à l’étage. Sous l’escalier sera installée une pièce d’aisance, avec point d’eau et chasse d’eau, reliée à une fosse, derrière le mur nord.

      La moitié ouest du bâtiment sera aménagée en quartiers de vie. Séparés par un couloir central allant du milieu du mur ouest jusqu’à l’escalier, seront placées deux rangées de quatre quartiers, de douze par vingt-quatre pieds, avec pour chacun une douche et une pièce d’aisance.

      A l’étage, dans l’angle nord-est sur le quart du mur nord, et la moitié du mur est, se trouveront la salle de sudation et le bassin de kaolin, de cinquante par vingt-cinq pieds chacun. Il y aura aussi une pièce d’aisance.

      Dans l’angle sud-est, sur l’autre moitié du mur est et le quart du mur sud, se trouveront la salle de massage et la salle de relaxation, de vingt-cinq par cinquante pieds également, avec une pièce d’aisance également.

      Le long du mur nord, sur l’autre quart attenant aux salles de sudation et au bassin, des douches collectives seront installées, ainsi que des pièces d’aisance.

     À  côté, sur le quart du mur nord ce sera la salle des repas et son office.

      Sur le dernier quart du mur nord, les salles privatives avec leurs douches et pièces d’aisance.

      Dans l’angle sud-ouest, sur la moitié du mur ouest et le quart du mur sud, sera édifié le dortoir. Devant le dortoir, là aussi, des douches collectives et des pièces d’aisance.

      Sur le deuxième quart du mur sud se trouveront les quartiers de Dillon, de Jacou et le cabinet de Jacou.

      Sur le troisième quart nous aurons la salle commune, sur la moitié de la largeur du bâtiment.

     Au-dessus de l’étage, dans le grenier sous le toit, sera logé le mécanisme de l’horloge que j’ai construite.  Le rocher céleste trônera au milieu. Une structure métallique le surplombera pour soutenir le balancier, les crémaillères du mécanisme de la cloche. À côté sera édifié un petit clocher abritant la cloche.


 

 

 

 

 

La construction


      Le terrassement commence dès lors. Pierrot et Claude Stein, les cantonniers, sont à l’œuvre, ainsi que chaque homme valide participant à la cause.

      La route de Durandalem  n’a jamais été aussi fréquentée ! des charrettes de pierres, de bois, de fer, de verre, de victuailles arrivent et repartent sans discontinuer, et ce manège durera le temps des travaux de construction du centre.

      Child Germain, assisté de Berthe son épouse, de Manon sa fille, des jumelles Marianne et Mariette Holz, filles de Michel Holz le bûcheron, de Jean Louis Stamm et de sa serveuse Ingrid Stevenson, qui tiennent l’auberge de Laudrefang, et de Judith et Roger Koch, les jumeaux d’Alvin Koch le boucher, tous s’occupent de la restauration de tout ce monde qui travaille sur le chantier.

      Une grande tente en toile est dressée pour fournir quelque cinquante repas journaliers, suffisamment copieux pour garantir la bonne forme des ouvriers.

      Berthe Muller, l’autre Berthe, l’épouse de P’tit Louis Muller, nous fera les desserts. Elle est la reine des entremets et autres gâteaux savoureux.

      La viande est fournie par Alvin Koch et par Damien Fleich, le boucher de Naborum. Les œufs et les volailles, par Clovis Hune et Richard Schaff de Naborum.  Les légumes et les fruits, par le Fernand Bauer, ainsi que par Roger Capes, le maraîcher de Tenquin.

       Claude Kaas le marchand et Vivien Kauf, commerçant de Naborum, fournissent tout ce qu’il faut pour préparer les repas.

      Le bon vin de Child Germain fait partie des denrées essentielles.

     P’tit Louis Muller, aidé de son fils Isabeau, fait tourner son moulin et son four à fond pour produire une bonne quantité de pain.

       Emile Pferd, avec ses chevaux et ses charrettes s’occupe de l’acheminement des pierres, depuis une carrière non loin de Tenquin, des ouvriers sont recrutés pour œuvrer dans la carrière, de façon à extraire rapidement les pierres.

     Les fonds nécessaires pour tout cela sont attribués par l’abbaye des Glandières, mandatée par le roi Charles.

      Le terrassement est terminé en un temps record. Les murs commencent à être érigés. Bientôt Michel Wald le charpentier pourra poser le premier plancher sur la bâtisse.

      Il s’est déjà chargé des portes et des fenêtres du rez-de-chaussée avec Louis Brett, l’ébéniste de Laudrefang.

      Le verre venant des fourneaux des forges de Meisenthal est arrivé, coupé aux dimensions des fenêtres du bâtiment. Michel et Louis se chargent des encadrements, et bientôt, le rez-de- chaussée est clos.

      Parallèlement, je suis sollicité pour construire tout le système d’acheminement de l’eau et des différentes pièces d’eau, selon les plans dessinés par Jacou Artz.

      Il a aussi prévu des pièces d’aisance équipées en eau, afin de garantir une hygiène parfaite en toutes circonstances.

      Une grande fosse fermée est creusée à l’arrière du bâtiment pour recueillir les excréments.

      Michel Wald est assisté de quelques charpentiers recrutés dans les villages alentour, notamment Guillaume Holz, de Tenquin.

      Louis Brett, l’ébéniste de Laudrefang, est à l’œuvre. Son frère Anatole qui l’assiste travaille bien aussi.

    Les poutres et autres planches viennent du nord de la province, en quantité suffisante pour achever le bâtiment.  Et la construction de l’étage de la bâtisse est bientôt achevée.

 

 

 

 

Le chauffage


      Je dois aussi m’occuper d’un système de chauffage du bâtiment, et notamment de la fourniture de la chaleur pour une grande pièce de sudation nécessaire aux projets de Jacou.

      J’ai donc imaginé une chaudière alimentée par charbon et bois, qui fournira l’eau chaude nécessaire.

       Il en faut une grande quantité. Les douches que j’installerai partout dans le bâtiment seront très utilisées tout le long de la formation.

     Un système identique à celui que j’ai installé sur la colline pour alimenter en eau le village est prévu dans la bâtisse pour avoir de l’eau froide et chaude dans les salles d’eau situées à l’étage.  Une partie du bâtiment sera érigée en pierre sur toute sa hauteur pour soutenir la réserve d’eau.  Laquelle sera nécessairement située au-dessus, pour assurer une pression d’eau suffisante dans les douches.

      L’eau arrivera par un aqueduc venant du haut de la colline, depuis une deuxième cuve construite à côté de celle de l’alimentation en eau du village.  Les travaux de construction de l’aqueduc sont déjà bien avancés. Des maçons de la région de Mettis, aguerris à la construction de ces ouvrages, qui ont déjà monté les murs en pierre de la bâtisse, sont à pied d’œuvre. La cascade, entraînant la roue à aube, fournira l’énergie nécessaire à l’acheminement de l’eau dans cette grande cuve.

      Le plancher posé, la construction de l’étage sur la même surface ne traîne pas. Le mur de pierre soutenant la cuve est maintenant terminé.

      Cinq conduits de cheminées sont montés le long des murs, afin de disposer de foyers pour le chauffage du bâtiment. Il devra y régner une température constante, suffisante pour vivre nu dans le bâtiment.

      Car la nudité est une nécessité dans le projet de Jacou Artz. Non seulement sur le plan physique.  Il faudra que les garçons acquièrent un mental leur permettant de vivre nus ensemble, en compagnies de filles elles aussi nues, sans penser systématiquement au sexe !

      Un défi que Jacou est sûr de mener à bien.

     Quelques forgerons, dont Emile Gouvy, le forgeron de Hombourg, et Léon Iser, celui de Laudrefang, m’assistent pour installer toutes les conduites nécessaires aux salles d’eau et à la salle de sudation.  Elle bénéficiera d’une production de vapeur, nécessaire à la température élevée qu’il faudra dans la salle.

      La fonderie de la région de Mousson fournit les tuyaux fabriqués là-bas, ainsi que les pommeaux de douche commandés spécialement.  Il en faut quarante, qui seront acheminés jusqu’à Durandalem. Il faut plusieurs charrettes, une grande quantité de tuyaux étant nécessaire pour l’installation que Jacou a pensée, et que je dois réaliser.

        Nous avons donc construit un réseau de tuyaux dans lequel circulera la vapeur, chauffant par rayonnement toute la salle, et des dissipateurs de chaleur, en ailettes, dans toutes les pièces de la bâtisse. Les différents âtres dans les pièces sont un apport supplémentaire de calories.

      Et la mise en eau et en pression débute.  La chaudière fonctionne bien, la cuve d’eau chaude est pleine.  Quelques fuites sont colmatées.  La production de la vapeur fonctionne bien également, et, tandis que la pose du toit s’achève, nous pouvons tester les douches et constater que la salle de sudation est opérationnelle.

      La production de vapeur pour chauffer les pierres de la salle de sudation fonctionne à merveille. La vapeur me fascine ! Plus on chauffe, et plus la pression monte !

      J’en déduis qu'avec cette pression, je pourrai convertir cette énergie en mouvement, et faire ainsi tourner un axe muni de pales sur lesquelles soufflera la vapeur canalisée en jets sortant de buses, que je confectionne dans la forge !

      Je m’attelle donc à ce projet, sans oublier ma mission principale, la confection d’une épée pour Charles ! Bientôt, j’ai une machine qui génère la rotation d’un axe, mu par la vapeur d’eau sous pression ! Cela va améliorer toutes sortes de choses.

     Par exemple, j’ai construit un grand tambour, qui tourne sur son axe, permettant de laver une bonne quantité de linge sans se fatiguer ! Les buandières que Jacou Artz a prévues seront sûrement ravies de la chose.  Un lavoir autonome ! Le rêve !

 

 

 

 

 

 

Le personnel
 

A) Conciergerie

      Bien sûr, il faudra que quelqu’un s’occupe de la bâtisse, du chauffage, de la production de vapeur, et des différentes tâches nécessaires à la bonne marche de l’ensemble !

     Anatole Brett, frère cadet de Louis, l’ébéniste de Laudrefang, propose sa candidature à ce poste.  D’un naturel posé, grand et musclé, une tignasse noire sur son chef trentenaire, ne parlant pas beaucoup, il est débrouillard et habile de ses mains.  Il s’intéresse à toutes les techniques, il a travaillé avec son frère dans son ébénisterie, mais aussi avec Léon, le forgeron de Laudrefang.

      Il veut participer à la réussite de ce projet. Son neveu Joseph fait partie des jeunes qui seront formés. Et personne d’autre ne s’étant présenté, et personne n’étant contre, c’est donc Anatole Brett, avec l’aval de Jacou Artz, qui sera le maître des clefs du centre !

      Je lui explique le fonctionnement des chaudières, de la machine à vapeur, et de l’acheminement de l’eau.  Il assimile bien et pourra à mon sens faire l’affaire ! Sa tâche ne sera pas aisée, l’eau chaude est importante, voire primordiale, et il ne saurait être question d’en manquer !

     Anatole devra aussi s’assurer que le combustible ne vienne pas à manquer, et prévoir suffisamment à l’avance l’acheminement du charbon jusqu’à la bâtisse.  Un charbon venu des Glandières. L'abbaye en fait régulièrement des stocks, alimentés par des convois depuis le Nord de l’Austrasie.

      En outre, il a la charge de l’éclairage dans le bâtiment.  Les lampes à huile et autres chandeliers nécessitent un entretien suivi, et une réserve d’huile et de bougies suffisante !

B) Le nettoyage, la buanderie

     Le lieu devant rester propre et hygiénique, il faudra aussi un service de nettoyage actif, pour entretenir la propreté des lieux.

     Deux filles de Naborum, Josiane Welch et sa cousine Joelle Wasch, toutes deux âgées de vingt-deux ans, se proposent pour mener à bien cette tâche. Elles connaissent bien le métier, elles étaient buandières à l’hostellerie du Warndt, tenue par le comte de Créhange, à Naborum. Leurs mères, deux sœurs, sont les servantes du comte.  L’hostellerie est en instance de fermeture, elles n’ont donc plus d’emploi.

     La sœur de Josiane Welch, ainsi que les frères aînés de Josette Wasch, habitent à Naborum, dans un logis appartenant au comte de Créhange. Et le fait qu’il y ait dix jeunes hommes ensemble ne leur fait pas peur !  Jacou leur explique ce qu’il attend d’elles.

      La salle de sudation devra être nettoyée tous les jours, ainsi que les douches collectives et attenantes aux salles. Les salles privatives aussi auront besoin de nettoyage, de changements de draperies quotidiens, qu’il faudra laver… Une buanderie sera leur domaine. Elles auront leurs quartiers personnels dans la bâtisse, à côté de la buanderie.

      Elles devront être nues, en permanence, comme tous les locataires de l’école. Cela les étonne, mais ne leur pose pas de problème. Il décide donc d’embaucher Josiane Welch et Josette Wasch, qui se réjouissent de cet emploi !
    Bientôt nous pourrons organiser une fête inaugurale. Tous les participants à la construction du centre y participeront !

 

La fin du chantier

 

      Le système de l’horloge est en place, dans le grenier. Le mécanisme fonctionne, la cloche retentit toutes les heures. Après quelques ajustements, en nous basant sur le cadran solaire, nous parvenons à la régler de façon qu'elle sonne douze coups à midi et douze coups au milieu de la nuit. Dorénavant, Durandalem vivra au rythme des coups de cloche de son horloge.

      L’abbé Paul est jaloux ! La cloche de son église était jusqu'ici la seule du village. Et lui, pour appeler ses ouailles à la messe, c'est toujours à la force des bras qu'il doit la faire sonner... Nettement moins pratique !


       Le centre sera situé au milieu d’une enceinte de cinq cents pieds de côté, érigée sur une hauteur de dix pieds. Cela afin de garantir l’intimité des lieux, où les garçons vivront nus en permanence, sans interférences extérieure, tel que l’a exigé Jacou dans son projet hygiéniste. Après l’achèvement de l’aqueduc, les maçons terrassiers construisent donc ce mur, dernière étape dans la finition du projet.  Bientôt, un mur d’une longueur totale de six mille pieds et de dix pieds de haut entoure la bâtisse.

      Je fabrique un grand portail d’accès en acier, habillé de bois par Michel Wald, avec des poids de compensation facilitant la manœuvre de l’ouverture et de la fermeture du portail, qui pèse quand-même lourd !

      Jacou Artz veut faire de ce lieu un exemple d’hygiène, et semble y être parvenu !

      La fête a lieu par une belle journée, ce jeudi 19 mars. Il n’aura donc fallu que quelques semaines pour mener à terme le projet de Jacou. L’école peut ouvrir dès le lendemain !

       Georges, le barbier, passera à l’école deux fois par semaine, en accord avec Jacou.

 

 

         Vendredi 20 mars

 

 

 

 

L’école

 

  L’école ouvre le jour du printemps. Sont donc élèves de Dillon d’Ortega :

 

    -Alix Holz, fils de Guillaume, bûcheron, de Tenquin,

                           âgé de quatorze ans,

    -Xavier Stamm, fils de Jean-Louis, aubergiste, de Laudrefang,

                             de quinze ans,

    -Charles Kauf, fils de Vivien, commerçant, de Naborum,

                            de quinze ans,

    -Achille Gouvy, fils d'Émile, forgeron, de Hombourg,

                               âgé de seize ans,

    -Armand Capes, fils de Roger, maraîcher, de Tenquin,

                               âgé de seize ans,

    -Le Borgne Bauer, fils adoptif de Fernand, de Durandalem,

                                   âgé de seize ans,

    -François Bauer, fils de Fernand, de Durandalem,

                                âgé de dix-sept ans,

    -Gabin Fleich, fils de Damien, boucher, de Naborum,

                             âgé de dix-sept ans,

    -Hugues Schaff, fils de Richard, éleveur de bétail, de Naborum,

                              dix-huit ans,

    -Joseph Brett, fils de Louis, ébéniste, de Laudrefang,

                             âgé de dix-huit ans.

      Jacou Artz accueille les jeunes gens convoqués par l'ordonnance de Charles.

      Dillon d’Ortega se présente, un grand gaillard blond de presque sept pieds de haut, très musclé, qui sera leur maître d’armes et leur enseignera tout l’art de la guerre.

      Jacou Artz leur présente Anatole Brett, âgé de trente ans, six pieds de haut, cheveux noirs, bien musclé aussi, qui s’occupe de la bâtisse, et toutes les questions d’intendance sont de son ressort. Il est le maître des clés du domaine.

     Puis viennent Josette Wasch et Josiane Welch, deux jeunes filles de Naborum, deux blondes de vingt-deux ans, de taille moyenne, cinq pieds trois pouces, mais bien proportionnées. Elles sont cousines, et se ressemblent beaucoup. Jacou Artz les présente comme buandières, que les garçons pourront solliciter pour des questions de nettoyage.

      « Manon Germain aussi est là, elle sera votre cantinière et vous servira les repas. »

      Il leur explique ensuite ce qu'il attend d'eux et détaille les journées à venir.

     « Pour commencer, tout le monde sera nu. »

      Les buandières rougissent, en souriant, elle ne se sont jamais montrées nues, hormis avec quelques garçons lors d’ébats intimes, mais elles avaient été prévenues par Jacou Artz, et sont donc d’accord pour cela !

     Déjà, certains des jeunes s'offusquent, la nudité n'étant pas, loin de là, dans leurs mœurs ! Pour certains, c'est même un sujet tabou, et jamais ils ne se montrent nus devant les autres ! Jacou Artz, en bon psychologue, leur explique les bienfaits de la nudité, et le fait d'écarter les tabous qui hantent certains.

      Pour tous, la nudité n’est que d'ordre sexuel, et la plupart ont peu, sinon aucune expérience de la chose !  Jacou Artz arrive, en donnant des cours de sciences naturelles, à leur expliquer les rouages du corps humain, et, pour montrer l'exemple, se met nu devant eux.

     Il est bel homme, âgé de quarante-cinq ans, d’une taille de six pieds trois pouces, une chevelure courte légèrement grisonnante, son corps est fin et quelque peu musclé.  Il explique sur son propre corps ce que chaque partie de l'anatomie a de particulier. Bien sûr, son sexe est l’objet des regards, son pénis d’une longueur de six pouces est bien entouré de bourses bien rondes quoique légèrement pendantes, le tout surmontée d’une toison dense qui grisonne elle aussi légèrement.

      Anatole Brett, pas pudique, se déshabille aussi face aux garçons. Une belle verge fine de sept pouces pend entre deux petits testicules.

    Puis Jacou Artz demande à Dillon d’Ortega de se déshabiller aussi, et tout le monde constate ! Dillon d’Ortega possède une anatomie que la Nature a gâté aussi, particulièrement à l'entre-jambe ! Au repos, son membre viril fait bien dix pouces, les bourses en rapport, et l'on s'imagine déjà sa taille au garde-à-vous !

      Ce qui fait hésiter beaucoup des jeunes à se montrer, n’étant pas fournis, et de loin, comme lui.   Le Borgne Bauer, se souvenant de l'épisode de la forge, et des réunions avec son frère et Dillon d’Ortega, ne peut empêcher une montée intempestive de son membre, dans ses braies serrées et dans un sourire gêné.

    Jacou Artz leur explique que cet appendice n'est qu'un appendice, et que, si l'on fait fi des éducations restrictives reçues, fait partie de la diversité des corps, au même titre que les nez, plus ou moins longs ou gros, les oreilles, plus ou moins grandes et toutes les parties du corps différentes suivant les individus.

      « Hormis le matin au réveil, où un changement de rythme cardiaque provoque un afflux de sang dans le pénis, ce qui le met en érection d'une façon naturelle et incontrôlée, les réactions physiques de cette partie de votre anatomie ne sont dirigées que par vos pensées ! » leur explique Jacou Artz, il leur enseignera la maîtrise et le contrôle de leurs émotions.

  Puis tout le monde doit se déshabiller, pour prendre une première séance de sudation, tous ensemble.

      Il y a les gênés, qui ne peuvent s'empêcher de cacher de leurs mains leurs attributs :

     Alix Holz, Charles Kauf et Xavier Stamm, les plus jeunes, sont timides.

     Alix Holz sort à peine de l’enfance, pas très grand, cinq pieds trois pouces, les cheveux roux, des yeux espiègles, son corps fin manque de muscles, mais Jacou lui assure qu’il va se développer rapidement, surtout avec les entraînements à venir. Sa toison naissante, d’un roux foncé, surmonte un sexe de cinq pouces et des testicules accrochés haut.

      Charles Kauf est un garçon bien portant, qu’on pourrait dire légèrement grassouillet, pas grand, à peine cinq pieds, les cheveux blonds, mais son entre-jambe est bien équipé, un pénis de près de sept pouces que sa toison blonde a du mal à cacher trône entre deux gros testicules.

      Xavier Stamm, lui est un grand garçon, fin, pour ne pas dire maigre, de longs cheveux noirs qu’il rabat sinon ils lui couvrent le visage, il mesure six pieds, sa toison pubienne est bien fournie, malgré son jeune âge, et sa verge de six pouces est bien proportionnée, entre deux testicules cachés dans sa pilosité abondante.

      Hugues Schaff, un athlète, haut de six pieds quatre pouces, une belle chevelure rousse, a une musculature qui se remarque. Des pectoraux bien en valeur, un ventre en tablettes, des bras gonflés par les muscles, des cuisses et des jambes fermes et puissantes, mais souffre beaucoup de son anatomie sexuelle, la nature l’a lésé dans l'attribution de son sexe, étant tout petit, moins que deux pouces ainsi que ses bourses, toutes petites, qui disparaissent dans sa toison rousse, comme l'on déjà fait remarquer à l'étang les filles qui l'on vu nu.

     Joseph Brett est un beau brun, grand de six pieds quatre pouces, un corps musclé bien proportionné, il possède un beau pénis, large, et de sept pouces, mais doté d'un seul testicule, caché par son membre viril. Cela l’a toujours complexé, n’étant pas comme les autres garçons.

      Achille Gouvy qui mesure six pieds, les cheveux bruns, a toujours fait des exercices physiques afin de travailler plus tard au sein de la communauté des moines du monastère des Récollets, où il a été élevé. Il a développé une bonne puissance musculaire.  Il a un corps plutôt velu, son bas-ventre est occupé par une toison ample, très fournie.  Son éducation stricte et pleine de tabous a toujours empêché toute découverte. On lui a toujours interdit de toucher son sexe, long de huit pouces et fin, entouré de beaux testicules ronds bien accrochés.

     Quelques-uns sont émoustillés par tous ces corps nus, et cela se voit !

      François et Le Borgne Bauer, les fils du Fernand, qui s'adonnent parfois aux plaisirs mutuels en cachette.

      Gabin et Armand depuis quelques temps déjà savent leur préférence quant aux plaisirs de la chair, préférant les hommes, bien qu’ils n’aient aucune expérience des femmes.

      François est un garçon de six pieds, blond, il a un corps fin, pas très musclé, et un sexe fin lui aussi, de seulement cinq pouces, caché en partie par une toison blonde, et de petites bourses, légèrement pendantes.

     Le Borgne, brun et velu, a à peu près la même morphologie et la même taille que François, sa toison pubienne cachant une bonne partie de ses attributs. Son pénis de cinq pouces et ses testicules hauts de chaque côté plaisent à François.

       Gabin Fleich est brun, sa taille de cinq pieds cinq pouces ne l’a jamais complexé ni son corps qui manque de muscles, ni la longueur de son pénis, à peine de cinq pouces, entouré de petites boules velues.

      Armand Capes, un beau blond de six pieds, n’a pas non plus un corps musclé, et sa verge de cinq pouces suffit à lui donner du plaisir, et en donner à Gabin comme ils l’ont déjà expérimenté.

      Parlant calmement, Jacou leur explique les réactions somme toutes naturelles et arrive à convaincre les plus chauds de penser d'une autre façon, écartant ce que leurs yeux leur suggèrent pour se concentrer sur ce pourquoi ils sont là ! Devenir les meilleurs soldats du roi !

      Puis, tout ce monde s'installe dans la salle de sudation. Elle fonctionne très bien ! Anatole en sort, nu et ruisselant, testant la chaleur avant que les garçons y pénètrent.  Il y fait une chaleur qui paraît au premier abord insoutenable, mais qui, sur les conseils de Jacou, devient vite supportable, si tant soi peu que l'on reste calme.  Chacun a l'occasion d'examiner le corps de l'autre, des moqueries sont vite rabrouées par Jacou, qui dit : « Chacun a un corps, don de la nature, et de se moquer du corps de l'autre, c'est se moquer de la nature ! ce n’est pas digne d'un comportement humain ! »

      Josiane et Josette, entrent nues, pouffent en voyant tous ces garçons qui les observent nus, mais affrontent leur gène et s’installent dans la salle, à côté de Jacou.  Evidemment, les garçons réagissent physiquement à la vue de ces deux petites poupées toutes mignonnes !  Elles ne seront pas avec les garçons, s’occupant dans le centre du nettoyage et de la propreté, mais travailleront nues, comme toutes les personnes ici, notamment dans la buanderie surchauffée. Leurs corps sont mignons, fins, cinq pieds six pouces de haut, de petits seins avec des gros tétons, et un fessier des plus arrondis. Une belle toison blonde cache l’entre-jambe.

      Il présente enfin aux jeunes gens les jumelles.

      Marianne et mariette Wald, elles sont les filles de Michel Wald le bûcheron. Elles ont vingt ans, et seront, entre autres, les masseuses des garçons.  D'une beauté éblouissante, leurs grands corps de six pieds magnifiquement charpentés, une poitrine voluptueuse, elles se ressemblent parfaitement, et seul l'agencement de leur chevelure longue et dorée peut les différencier !  Marianne rassemble ses cheveux sur l'arrière, en une queue de cheval, tandis que mariette préfère les mettre en couette de chaque côté du visage.

      Quand elles entrent à leur tour dans la salle de sudation, nues, tous se sentent à nouveau des réactions ! Tantôt de gêne, tantôt de désir, et chacun doit faire un effort sur lui-même pour canaliser ces sensations, détourner son regard !  

     Ces seins bien ronds, ornés de mamelons rose et de tétons tout pointus, cette toison dorée qui orne leur bas-ventre, qui laisse à peine dépasser des lèvres rose vif voluptueuses, ces fesses rebondies, entourant une rosace foncée centrée d'un mignon petit anus...  Ils doivent faire fi de tout cela pour continuer à supporter la chaleur extrême qui règne dans la pièce.

      Leur sourire force les regards, leur bouche aux lèvres pulpeuses... ils finissent par ne regarder les filles que dans les yeux. De magnifiques yeux bleus, dans lesquels certains regards se noient. 

      Dillon, qui, âgé de 21 ans, est le plus ancien des garçons, n'arrive pas à se contenir, des souvenirs d’un accueil plus que chaleureux alors qu'il livrait des denrées au chalet des filles lui reviennent en mémoire, son énorme pénis se dressant effrontément devant lui. Force est de constater que 15 pouces ne sont pas exagérés quant à la taille de son membre !

      Les buandières sont impressionnées ! Elles ne sont pas les seules ! Hormis les jumelles et quelques garçons qui ont déjà pu apprécier sa verge en pleine érection, tout le monde est béant d’admiration. Mais il arrive, néanmoins, en respirant profondément et pensant à autre chose, comme le lui conseille Jacou, à calmer et diminuer son érection ce qui le soulage quelque peu, devant montrer l'exemple aux jeunes gens par son statut de moniteur.

   Anatole Brett teste une dernière fois les douches communes, tout cela fonctionne parfaitement. Il testera aussi les douches attenantes aux petites salles du fond ainsi que celles installées dans les quartiers d’habitation.

      Après un bon moment de cet exercice de sudation, les corps ruisselants de sueur, tout le monde passe à la douche, froide, pour éliminer les toxines extirpées par la sueur, puis chaude pour refermer les pores. Enfin séchés ils se couchent sur le ventre, des tables à masser sont placées dans toute la pièce. Jacou et les filles leur massent le dos de leurs mains enduites d’huile relaxante, un à un pour une détente correcte.  Quelques-uns s'endorment. Il règne une douce chaleur, le système de chauffage que j’ai installé avec mes collègues forgerons fonctionne à merveille ! Et Anatole a tout à fait la maîtrise du système.

       Cette première prise de contacts a déjà bousculé bien des choses, leur formation commence !

   Josiane et Josette nettoient les douches et la salle de sudation à grande eau, sans traîner car la chaleur humide paraît plus chaude que la chaleur sèche, et devient vite brûlante.  Elles ont leurs quartiers au rez-de-chaussée, à côté de la buanderie, et passeront tout le temps de formation dans le centre, participant aux repas.

      Le soir venu, après le dîner, tous se retrouvent dans le dortoir, nus, chacun devant se reposer dans son lit, car demain, les choses sérieuses commencent !

 

      Samedi 21 mars

 

 

 

 

La mission de Georges

 

     Le lendemain matin, la cloche sonne huit heures. Le barbier Georges Hair est devant le portail. Anatole, en tunique, l’accueille et l’emmène dans une pièce spécialement aménagée pour lui. Jacou arrive, nu, et sous le regard interrogatif de Georges Hair, lui explique le topo :

     « A l’école, tous et toutes sont nus, pour des questions d’hygiène et de maîtrise du mental, c’est la règle, et tu devras aussi t’y conformer ! Ton travail consiste à t’occuper des cheveux et des barbes des garçons, des cheveux des filles, mais aussi de leurs toisons s’ils ou elles le désirent. 

     Tu travailleras le mercredi matin et le samedi matin dans ton atelier ici-même. Aujourd’hui, tu mangeras avec nous tous à midi, de façon à te présenter à toutes et tous. »

      Une douche réveille les jeunes, qui après un petit en-cas préparé par Manon Germain, la fille de Child, vont s'exercer au maniement de l’épée. Vêtus uniquement d'un pagne en cuir qui protège leurs parties, ils doivent déjà prendre l'épée des deux mains, et frapper de toutes leurs forces sur un tronc posé en long devant eux.  Les plus forts font pénétrer la lame, et ont du mal à la retirer ! L'exercice doit muscler leurs épaules, et canaliser leur énergie dans la frappe.  Quelques temps plus tard, fatigués par cet effort, après un repos et une hydratation, ils recommencent le même exercice.

La cloche sonne douze coups. Tous sont éreintés et ne sentent plus leurs bras, leurs épaules sont douloureuses, et ils sont affamés ! Tous passent à la douche, puis se dirigent vers la grande salle pour le repas.

     Jacou présente donc Georges Hair aux garçons, aux cousines buandières et aux jumelles que Georges connaît mais ne les avait jamais vu nues.

     Georges Hair est, à trente-huit ans, un bel homme de 6 pieds, des cheveux roux coupés court, un corps fin pas très musclé mais velu, d’un roux sombre, comme sa toison finement taillée, sur un sexe de quatre pouces, orné de deux testicules épais.

     Manon Germain les rejoint, avec les repas, et les garçons peuvent apprécier la plastique de son corps, bien proportionné.  Haute de cinq pieds cinq pouces, des cheveux bruns et des yeux verts, de magnifiques seins bien ronds, surmontés de jolis petits mamelons équipés de tétons en pointes accrochent le regard des garçons, qui veillent bien à contrôler leur réaction virile. Une toison brune couvre son pubis, des lèvres roses dépassent un peu à l’entre-jambe.

     Les garçons sont enchantés du repas que Manon leur sert, et, ne faisant pas de détails, mangent tout ce qui est servi ! Après le repas, Georges Hair se rhabille et s’en retourne à son échoppe au village.

       Un exercice facile, après le repas, est de trottiner le long des murs à l’intérieur de de l'enceinte, quelques tours, ce qui représente une lieue, puis rendez-vous en chambre pour un repos digestif, une sieste réparatrice ! Après la sieste, dont la fin est signalée par les trois coups de la cloche, l'exercice consiste, toujours à l'aide de l'épée, à frapper des troncs verticaux cette fois-ci, un coup par la droite, un coup par la gauche, afin de raffermir leurs bras et leurs pectoraux. Une heure de ce régime les anéantit complétement, et épuisés, ils vont prendre une douche bien chaude pour se relaxer.  La journée de travail s'achève, place à la relaxation.

      Après une séance de sudation, un bain dans une eau boueuse, saturée de Kaolin où ils sont comme en apesanteur, trois des jeunes sont invités, en passant par la douche, aux tables de massage, où Jacou et les jumelles les attendent pour une séance de décontraction des muscles sollicités dans la journée, puis retour au bain de kaolin et ainsi de suite jusqu'à ce que tous aient été massés.

      S'en suit un moment de quartier libre, dans l'enceinte, où chacun, tous restant nus, peut vaquer à ce qu'il désire. Des parties de dé, de cartes sont organisée, deux groupes de quatre, tirés au sort jouent, tandis que les deux garçons restants, Joseph et Charles, sont invités par les jumelles à une séance plus intime. Cela fait partie du programme ! l'éducation sexuelle.

 

Annexe 9

 

     Charles et Joseph regagnent la salle commune, les yeux pétillants, le sourire éclatant de leur visage ne laisse aucun doute sur ce qu’ils viennent de subir ! 

      Les questions fusent : « Alors, qu'est-ce qu'elles vous ont fait ? » 

     « c’était bien ? »

      « elles vous ont fait bander ? »  

     « Vous étiez ensemble ? » 

      N'ayant pas vraiment envie de raconter par le détail ce qui leur est arrivé, ils préfèrent se retirer sur leur couche, en disant « vous verrez bien, vous y passerez tous ! » et, autant Joseph que Charles, s'allongent et s'endorment aussitôt d'un sommeil récupérateur.

      Le souper est servi, Manon demande discrètement aux jumelles si elle ne pourrait pas aussi quelque peu profiter des séances de relaxations, les soirs ou elle n'a pas de travail à l'auberge. Elles n'y voient pas d'inconvénient, Jacou non plus, et Manon est invitée pour le lendemain après l’exercice, dès que Child la libérera.

 

 

 

           Dimanche 22 mars

 

Les futurs soldats


      Ce matin sera consacré à l'apprentissage intellectuel, la lecture et le calcul sont au programme.  Jacou fait le tour des connaissances de chacun, afin d'établir un programme où tous pourront à terme lire, écrire et calculer à leur aise.  Il s'avère que quelques-uns savent lire, Dillon, bien sûr a reçu une éducation dans ce sens, et sait enseigner l'art de la lecture, il donne déjà depuis quelques temps des cours à François et le Borgne, avec qui il travaille dans la ferme du Fernand, et passe avec eux d'autres moments des plus agréables...

      Charles Kauf, le fils de Vivien, commerçant à Naborum, a aussi des notions, qu'il a acquises à Naborum en compagnie de Hugues et sa sœur Nadège. Leur mère, Carole de Saint-Saëns, issue d'une famille bourgeoise de Mettis, et voulant se rapprocher des métiers de la terre, s'est engagée en épousailles avec Richard Schaff, paysan de son état, leur père.  Elle l'a rencontré un jour, lors d'une foire au bétail à Mettis, et ne l'a plus jamais quitté !

    Vivien Kauf voulait que son fils Charles soit instruit, et avait demandé à Carole de lui enseigner le savoir de la lecture et de l'écriture, afin qu'il puisse reprendre le commerce de son père.

    Achille Gouvy maîtrise les langues, parle aussi bien le latin que le franc, et le germain ne lui est pas étranger. Il baragouine aussi l'angle et le breton. Son éducation stricte, si elle ne l'a pas préparé à la vie, lui a permis d'être un érudit, y compris dans les mathématiques. Il maîtrise aussi bien les sciences de l’astrologie, que l'astronomie.

     Mais sa venue à Durandalem est une de ses premières sorties hors du monastère. Son père, Émile Gouvy, forgeron de Hombourg, veuf très tôt, l'a confié dès son plus jeune âge aux moines du monastère des Récollets, à Hombourg qui lui ont donné une instruction complète.

      Sauf pour ce qui est des connaissances du corps.

     Pour eux, le corps n'est qu'un support pour vouer son existence à la louange de Dieu, et ne doit pas occuper l'esprit, tout entier réservé au service du Seigneur. Néanmoins, il a acquis une bonne musculature, en vue des travaux qu’il devra faire, comme tous les moines, dans le monastère.
 

   Joseph Brett ne sait pas lire. Mais il sait mesurer et calculer par l'apprentissage avec son père, Louis, l'ébéniste de Laudrefang.

    Xavier Stamm, le fils de l'aubergiste de Laudrefang, Jean-Louis, a appris à compter, et sait écrire quelques mots, notamment les menus de l'auberge, qu'il couche sur une table d'ardoise, à l'entrée de l'auberge.

   Armand Capes, fils du maraîcher de Tenquin, Roger, ne sait pas lire non plus, pas plus que Gabin, le fils de Damien, le boucher de Naborum, et amant d’Armand depuis l'été dernier.

   Alix Holz, le plus jeune des garçons, d'un tempérament jovial et farceur, veut bien apprendre, mais se dissipe très vite en des idées burlesques, faisant de toutes les situations un amusement.

      Jacou organise donc les jeunes gens en groupes.

      Dillon, qui a des affinités avec François et le Borgne, continuera à leur enseigner la Langue, ainsi que les mathématiques. Il instruira aussi Joseph, novice en la matière.

     Armand et Gabin, qui aiment à être ensemble, seront enseignés par Achille, qui en retour apprendra par les deux garçons l'anatomie du corps, sujet qu'ils ont bien exploré.

      Charles et Hugues, son aîné de trois ans, seront perfectionnés par Jacou, qui s'occupera d’abord d’enseigner Alix et Xavier. N’ayant que quelques mois pour apprendre.

      Les cours peuvent donc débuter.  Les élèves n'ayant que quelques mois pour apprendre, il est demandé à chacun la plus grande attention, Les différents groupes s'installent autour de tables dans la pièce, assez éloignés les uns des autres afin de ne pas interférer d'une table à l'autre.

      La salle est lumineuse.  Des larges fenêtres laissent pénétrer la lumière sur les tables, de surcroît, chaque table est surplombée d’un grand chandelier, qu’Anatole allume en cas de besoin. Jacou passe de temps en temps, d'une table à une autre, contrôlant et approuvant les techniques d'enseignement de chacun, et les capacités de mémorisation de tous.

      Les élèves étant nus, et immobiles, la salle de cours est bien chauffée, et nul ne ressent le besoin de se couvrir le corps.

     À midi, la fin des cours est décrétée pour aujourd'hui. Manon a préparé le déjeuner dans la grande salle des repas. Dorénavant, les matins seront réservés à l'entraînement de la tête, et les après-midis aux exercices physiques. Les jumelles ne participent pas pour l'instant à ces cours, leur instruction par Jacou est déjà complète.

      Après le repas, copieux, car ces jeunes ont un gros appétit, tandis que Manon débarrasse la grande table, les garçons sortent, trottinent nus en faisant quelques tours internes de l'enclos, sur une distance d’une lieue, en un exercice digestif qu’ils feront tous les jours, avant la sieste, obligatoire elle aussi tous les jours.

      Après la sieste, les garçons revêtent leur pagne d'exercice. Child Germain est venu avec des arcs, pour leur enseigner l'art des archers, la technique de visée, mais aussi la construction de flèches, et des rudiments de balistique, essentielle dans le tir à l’arc !

      L’après-midi se déroule ainsi : les garçons aux bras fatigués de bander les arcs se retrouvent donc à la salle de sudation, pour décongestionner leurs biceps tendus. Le bain de kaolin est aussi apprécié !

      Les filles arrivent ensuite pour des massages du corps, nues évidemment, des onguents facilitent la relaxation des muscles. Manon s’y met aussi, et quelques-uns peuvent apprécier la douceur de ses massages des dos et des bras endoloris. Après ces ablutions, chacun a quartier libre et peut vaquer à des occupations diverses.  Mais déjà, ils attendent de savoir qui seront les heureux désignés pour une séance privée !

     Tandis que Manon, qui est restée là, demande à Dillon de lui donner un cours de langue privé, qu'il accepte volontiers. Les jumelles embarquent Armand et Gabin, bien décidées à leur faire découvrir les atouts du sexe faible ! Armand et Gabin se retrouvent donc ensemble, avec Marianne et Mariette dans une pièce, tandis que Manon entraîne Dillon dans une autre.
 

Annexe 10


      En voyant réapparaître les trois garçons et les trois filles, tous se disent que bientôt ce sera leur tour, et fantasment déjà sur ce moment ! Le Borgne et François se doutent bien de ce qui les attend, Le Borgne ayant vu les filles à l'œuvre avec Dillon, et l'ayant raconté à François. 

     Xavier a bien une idée, écoutant parfois les confidences des clients de l'auberge de son père.

     Achille se méfie, son éducation monastique lui a inculqué que ces créatures que sont les filles sont possédées par le démon, malgré les tentatives d'explication de Gabin et Armand, qui ne savent pas très bien par où aborder le sujet.

     Hugues a déjà des expériences sur le sujet, mais son petit sexe ne l’a pas avantagé. Il lui tarde d'en avoir une de plus, espérant que ce sera mieux.

     Alix, naïf, en les voyant revenir, se dit qu'ils se sont bien amusés. Il ne comprend pas encore comment, mais il a hâte que ce soit son tour.  Il sait qu'il va bien se marrer !
     S'ensuit le souper. Manon est bien lente pour les servir, elle a l'air épuisée !
     Puis chacun s'en retourne à sa couche. Les jumelles sont déjà rentrées chez elles, et Dillon, après l'avoir aidé à débarrasser la table, raccompagne Manon doucement. Ils s'échangent un sourire complice.


 

 

            Lundi 23 mars

 

Apprentissage


    Tout le monde est debout alors que la cloche sonne huit heures. La douche du matin réveille les plus somnolents.

      Manon, qui maintenant intègre le groupe, prépare le petit déjeuner, nue. C'est Estelle, mon épouse, qui la remplace à l’auberge pour préparer les repas.  Manon a donc aussi ses quartiers dans l’école. En se remémorant le « cours » d'hier soir, elle sourit à Dillon qui apparaît. Mais Dillon sait qu’il ne doit pas penser à cela...  Son organe dévoilerait une pensée bien trop ostentatoire !

      Tous déjeunent de bon appétit. Les denrées et boissons chaudes préparées par Child sont appréciées. Tandis que Manon débarrasse, Jacou prépare le programme de la journée.

      Il décide de continuer l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. Les futurs soldats du roi se doivent de maîtriser cette discipline, comme les autres.  Plus tard dans la matinée, il dispensera des notions d’anatomie, sur le fonctionnement du corps humain dans son ensemble, sans s’attarder sur le côté sexuel, dont le programme est prévu comme tous les jours après la sudation. Il replace donc les garçons en tablées comme la veille, veillant au bon déroulement de leur apprentissage.

      Manon, qui est lettrée elle-même, assiste Jacou pour enseigner les plus jeunes, Xavier et Alix. Alix est intrigué par les formes de Manon.  Il a envie de la toucher, de jouer avec ses seins qui le frôlent quand elle se penche sur lui pour lui expliquer tel mot ou telle règle. Manon lui promet donc que ce soir, après la sudation, elle lui permettra de jouer avec son corps, ce qui réjouit Alix, tout content de l’aubaine.

     Xavier aussi voudrait palper ces seins qu’on dit suggestifs, aux dire de certains clients de l’auberge de Laudrefang. Il y entendait des commentaires sur la serveuse, Ingrid Leskigson, une grande rousse arrivée dans le village il y a quelques années. Ingrid Leskigson est d’origine viking.

      C’est une rousse bâtie comme un homme, très grande, six pieds cinq pouces, une voix autoritaire, bien musclée, sa poitrine en avant dans un corset qui cache comme il peut des seins proéminents, terminés par de gros tétons qui se devinent sous le tissu.  Les clients sont ravis de cette serveuse, dont l’arrière-train aussi, bien rebondi, en laisse rêveur plus d’un.

      Chacun se demande si son pubis est aussi roux... 

     Les fantasmes vont bon train ! Elle est toujours le sujet de commentaires, que Xavier enregistre chaque jour. Il a hâte de passer à la pratique de la chose.

      Hugues et Charles, dans un mode opératoire qu’ils ont acquis par l’enseignement de Carole de Saint-Saëns, la mère de Hugues, progressent vite, lisent très bien et écrivent déjà correctement. Pour le plus grand plaisir de Jacou, qui pourra se faire seconder par moment sur des points de difficultés lors de la classe.

     Achille est un bon pédagogue. Ses élèves Armand et Gabin apprennent bien.  Mais il est étonné par les petites attentions qu’ils ont l’un envers l’autre, ne comprenant pas qu’on puisse avoir plaisir à se toucher. Dillon, qui a déjà bien enseigné François et Le Borgne, passe du temps avec Joseph, avide d’apprendre. Il progresse rapidement.

     Après une pause, pendant laquelle Manon commence à préparer le repas de ce midi, Jacou commence son enseignement du corps humain, des différents organes, de leur rôle dans le fonctionnement de la machine humaine, et aussi de leur fragilité et des protections nécessaires lors des combats.

      Le crâne est étudié plus précisément. Il contient à lui seul les sens de la vision, de l’ouïe, de l’odorat, du goût. En sus, il abrite la conscience, la connaissance, l’esprit, et la plupart des qualités que l’on peut attribuer à un homme.

      Manon est de retour. Jacou détaille aussi les différences entre hommes et femmes.  Ils sont en grande partie identiques intérieurement et extérieurement, hormis les seins et le sexe, spécifiques à chaque genre.

     Il prend donc Manon et Dillon, pour expliquer ces différences. Ils insistent bien sur le fait que la taille de ces organes externes puisse varier dans de grandes proportions, sans entacher leur fonctionnement.

      Hugues est dubitatif. Voyant le sexe de Dillon, il ne pense pas que le sien, tout petit, puisse remplir le même rôle. Jacou lui affirme que si.  « Ces organes sexuels sont prévus pour la procréation, pour perpétuer l’espèce humaine, et tu aussi pourra sans problème le faire ».

      Achille comprend que c’est à cause des différences extérieures que les femmes sont, d’après les moines qui l’on élevé, des créatures du diable. Mais il ne sait pas encore pourquoi. Jacou explique donc, que pour donner un attrait à cette procréation, les humains éprouvent un grand plaisir à s’accoupler, ce qui est un gage de perpétuation.  Achille se demande pourquoi on lui a enseigné cela, et Jacou lui explique que ces plaisirs génèrent beaucoup de tentations, auxquelles bien souvent les hommes ne savent pas résister. C’est aussi pour éduquer les garçons à cette résistance à la tentation que tous les cours se font nu.

     Il explique aussi, dans la foulée, les résultats de cet accouplement.  Si les conditions de fécondité sont réunies, après une gestation de neuf mois qu’on appelle grossesse, cela donne naissance à un nouvel être humain, mâle ou femelle. Jacou possède une potion qui empêche l’ovulation, ce qui permet des rapports sans risque de grossesse. Il en donnera régulièrement aux filles.

      Mais il est l’heure de déjeuner. On pose un linge propre sur chaque banc, pour garantir l’hygiène du corps. Chacun est servi copieusement, avec des ingrédients choisis avec Child. Ils contiennent beaucoup de ce que Jacou appelle des protéines, pour renforcer le corps et l’esprit.

      Puis c’est le petit parcours digestif dans l’enceinte, malgré la pluie qui commence à tomber. Et le retour au chaud.  Et après une douche chaude, la sieste, ou du moins le repos, pour lequel la pénombre et le silence sont de mise.
      Après la sieste, tous se retrouvent dans la grande salle pour les exercices à l’épée. Impossible aujourd'hui de les faire en extérieur, vu le temps exécrable, avec la pluie qui redouble et le vent qui s’est levé.

      La séance du jour sera consacrée au corps à corps, à l’esquive et à l’attaque. Dillon organise donc des duels. Et les garçons se donnent à fond, à taper, éviter, croiser, dans un bruit de lames entrechoquées, avec leur pagne pour seule protection. Pour apprendre à gérer les coups adverses, les prochains combats seront sécurisés.

     Chaque garçon portera un heaume. À terme, chacun devra essayer de terrasser l’autre, voire plusieurs autres, mais dans des conditions de protection renforcées. Et les croisements de fer durent un temps. Le Borgne, un moment inattentif, a pris un coup sur l’épaule, entaillée légèrement. Jacou l’a immédiatement soigné, mais il faudra quelques jours pour que son épaule revienne à la normale.

     Tous alors se rendent compte de l'importance de la concentration, de la nécessité d'une attention de tous les instants. Leurs esprits doivent constamment être sur le qui-vive, afin de parer toute attaque. La blessure du Borgne fait montre d’exemple, et aucun autre blessé ne sera à déplorer.

     Après ces efforts physiques et ces concentrations extrêmes, une bonne douche fait du bien à tout le monde, et la sudation apporte un soulagement aux membres endoloris par les coups d’épées entrechoquées. Une douche froide à la sortie rétablit la circulation sanguine, puis c'est un séchage vigoureux.

      Les massages s’ensuivent. Les jumelles sont là, et assistées de Manon, s’occupent de décongestionner ces corps. C'est Jacou qui s’occupe d’Achille. Bien qu’il progresse, Achille a encore du mal à accepter qu’une femme le masse. Puis, tout en buvant pour s’hydrater des boissons sans alcool préparées par les filles, les garçons se relaxent et s’occupent calmement, jouant à des jeux, ou lisant, pour les plus avancés. Et on attend le tirage au sort des heureux garçons choisis ce soir.

      Manon va s’occuper d’Alix, elle le lui a promis.  Il est tout gaillard de savoir enfin ce qui va se passer. Mariette invite Xavier, et Marianne convie Hugues. Les six jeunes s’en vont donc vers les chambres du fond. Ce qui va se passer, certains le savent déjà !

 

Annexe 11


      Après des ébats qui ont réjoui trois des garçons, Manon les invite tous à passer à table. Certains sont affamés et déshydratés, tant ils se sont donnés à fond dans leurs ébats. Tout le monde mange de bon appétit. Mariette et Marianne participent au repas, ainsi que Jacou, Dillon, et Anatole.

     Après avoir pris congé, les garçons vont s’allonger sur leur couche, tandis que les filles débarrassent la table, en se racontant les prouesses de chacune ce soir, et en riant de bon cœur.

       Les deux maîtres écoutent ces récits, contents. Les garçons seront bientôt tous des hommes. Jacou sait qu’il a raison de les former de cette manière, la plus rapide et la plus efficace pour en faire de vrais soldats.

     Quant aux trois filles ; elles trouvent vraiment plaisant d’être au service des garçons dans cette école. Elles remercient Jacou et Dillon de les avoir intégrées. Puis chacun regagne sa demeure. Les garçons s’auto disciplinent d’eux-mêmes. Ils se couchent pour être en possession de tous leurs moyens physiques et intellectuels le lendemain.

 

 

         Mardi 24 mars

 

 

Réalités

 

      Dès le lever, une bonne douche est de mise !  Les garçons sont maintenant à l’aise avec la nudité. Certains complexes se sont estompés. Hugues a pris confiance en lui, et assimile d’autant mieux les enseignements donnés.

     Le Borgne a mal dormi, sa blessure à l'épaule persistant à le titiller.  Mais Jacou s’en est occupé après la douche. Des onguents calmant la douleur ont tôt fait revenir sa bonne humeur.

    Alix est tout fou.  Sa leçon privée avec Manon lui a ouvert l’esprit.  Bien qu’en la voyant ce matin au petit déjeuner, des pensées aient envahi son corps, surtout son bas-ventre ! Jacou lui demande donc de se calmer. Le fort d’un homme, d’un vrai, lui dit-il, est de savoir contrôler ses pulsions. Et il le fait se concentrer sur l’écriture, pour mieux orienter sa pensée, et faire descendre son ardeur.

     Les garçons sont studieux. Certains, en difficulté sur des règles de grammaire, sont aidés par ceux qui maîtrisent le sujet. Une solidarité s’installe au sein du groupe, et Jacou est satisfait des progrès de chacun ! Avec l’aide d’Achille, il initie les jeunes à l’astronomie, écartant d’emblée les sciences occultes.

      Les diseurs de bonne aventure et autres devins et astrologues n’ont pas voix au chapitre. À contre-courant des idées largement répandues qui disent que la Terre est plate et qu’elle est le centre de l’univers, Jacou est persuadé que nous vivons sur une boule, et que c’est elle qui tourne autour du soleil. Lequel est une boule de feu, et non un disque comme le veut la croyance populaire. Selon lui, Dieu ne participe pas à cela. Jacou essaye d’inculquer aux garçons l’immensité physique de l’univers, alors que Dieu doit s’occuper des âmes des Terriens.

      Telle est sa vision, qui a déjà été taxée de vision du diable. Ce qui fait de lui, aux yeux de certains, un sorcier maléfique.  Notamment aux yeux des hommes de religion, tels les moines ayant éduqué Achille.

      Achille, lui, est plutôt de l’avis de Jacou.  Des observations nocturnes de la voûte céleste l’ont déjà convaincu que ses précepteurs avaient une vision très étriquée et réductrice de l’univers.  Mais il n'avait pas pour autant osé les contredire, par crainte de brimades et autres châtiments corporels s'il avait exprimé son désaccord.

     Très curieux, il questionne Jacou sur ces sujets, faisant par-là bénéficier le reste de la classe des explications du professeur. Sur ces bases de planète en révolution autour d’un astre, Jacou leur explique le rythme des saisons. Les garçons écoutent, étonnés par ce qu’ils entendent, et posent moult questions sur les saisons, la nature, le climat, en apprenant à chaque instant quelque chose qui les épate.

      Il leur explique aussi que ces connaissances qu’ils acquièrent sont par les temps qui courent considérées comme des infamies, des blasphèmes. Les garçons doivent rester prudents et humbles devant les autres, au risque de se voir rejetés, ou même éliminés par ceux qui veulent que le monde soit régi selon leurs préceptes.

   La matinée s’achève.  Manon a dressé la table. Marianne et Mariette participent au repas. Cet après-midi, elles assisteront Émile Pferd, qui enseignera l’équitation aux garçons. Bonnes cavalières, elles lui seront d’un grand secours auprès des dix jeunes. Dehors, le printemps est revenu. Un grand soleil augure d’un après-midi agréable, avec les chevaux qu’Emile emmènera.

      Après le repas, et la traditionnelle trotte, les garçons font la sieste, dans la pénombre. Marianne et Mariette ont une autre idée. Elles invitent Jacou à passer un agréable moment avec elles.

 

Annexe 12

 

      Une bonne douche les remet d’aplomb, la sieste des garçons tire à sa fin, il est temps d’aller accueillir Emile, qui les attend, s’étant mis en condition de travail, c’est-à-dire nu, avec un pagne.

     Après la sieste, tout ce beau monde se retrouve dehors. Émile Pferd est là avec ses chevaux et quelques effets, des chausses, des couvertures, pour apprendre aux jeunes à monter. Voyant que toutes et tous sont nus, il suit l’exemple et se déshabille. 

      Émile Pferd est un paysan. Sa tête aux cheveux noirs repose sur ses épaules, il n’a presque pas de cou. Une stature de six pieds quatre pouces dans un corps légèrement adipeux mais musclé. Il a une toison noire velue sur des bourses qui pendent bas de part et d’autre d’un pénis de sept pouces.

   Équipés d’étriers, deux des chevaux sont sellés, permettant aux novices de monter facilement en enfilant des chausses.  Un manège est installé.

     Chacun apprend à diriger la bête, la faire avancer, trotter. Pour le galop, ce sera plus tard dans le pré ! Les plus agiles montent à cru, nus sur leurs montures. D’autres enfilent des braies pour monter, et chacun se débrouille tant bien que mal avec son animal, sous les recommandations d’Émile, mais aussi des jumelles qui ont été un temps élèves chez lui. 

     À terme, des joutes seront organisées, mais on n’en est pas encore là... Il faut d’abord maîtriser l’animal, qui parfois n’en fait qu’à sa tête !

     L’après-midi se passe ainsi, au soleil. Tous apprécient ce bol d’air et le contact de ces braves bêtes, puissantes et parfois espiègles. Ce n’est aujourd’hui qu’une prise de contact. Les prochaines leçons d’équitation seront plus poussées, afin que chacun devienne un bon cavalier.

      En fin d’après-midi, les jeunes prennent congé de leurs amis équidés, qu'Émile ramène à l’écurie dans son fief. Puis ils rentrent prendre une douche et passer par la séance de sudation. Mariette et Marianne aussi vont profiter de la séance, avant de masser les garçons.

      Les séances de massages se déroulent tranquillement. Manon arrive pour masser Achille, avec la présence de Jacou, en qui Achille a confiance. Jacou lui explique, en lui remémorant les discussions sur le corps humain, qu’il n’y a pas de différences notables entre les mains d’un masseur et celles d’une masseuse.

      Et, tout en massant son bras gauche, il demande à Manon de faire pareil sur le bras droit. Achille ressent ses deux bras massés, mais trouve les massages du bras droit plus doux ! Ce qui fait sourire Jacou, qui laisse alors Manon lui masser seule le dos, chose que Achille apprécie ! Il se rend compte que finalement, une fille, c’est pas mal pour masser ! Manon lui promet qu’après la séance commune, elle le massera en privé, pour qu’il apprécie pleinement ses gestes. Jacou laisse faire...  Achille est prêt à se faire masser par Manon !

      Puis après cette séance de bien-être, comme tous les soirs chacun vaque à ses envies. Manon emmène Achille dans une pièce, prenant la main qu'Achille lui donne. Elle sent qu’il est bien plus ouvert avec le contact féminin.  Quant aux jumelles, elles invitent François et le Borgne dans une autre pièce…

 

Annexe 13

 

     De retour avec les frangins, les jumelles, voyant que Manon n’est pas revenue, préparent le repas du soir, dressent la table afin que tous s’installent sans tarder.  

     Manon arrive en compagnie d’Achille. Il est rayonnant, un large sourire emplit son visage, et tous comprennent que ce n’est plus le garçon bloqué par son instruction religieuse, mais bien le compagnon de tous.

      Manon remercie vivement les frangines, qui la remercient à leur tour. Cette transformation d’Achille est une prouesse ! Jacou aussi la félicite, et Achille, se levant, la remercie à haute voix de lui avoir montré la voie, celle de la vraie vie, sous les applaudissements de toute la tablée.

  Après le repas, chacun veut parler avec Achille, savoir ce qu’il ressent. Mais Jacou les calme, leur disant que demain soir, ils feront un exposé chacun, sur leurs expériences avec les filles.  Et ils gagnent leurs couches, sereins, en sachant tous que maintenant, le groupe est solide, sans discrimination.

 

 

 

      Mercredi 25 mars

 

 

 

Projets

 

   Georges Hair est là, dès huit heures sonnantes, dans son atelier de coiffure. Anatole vient se faire tailler les cheveux.

 Après la douche et le petit déjeuner, les garçons s’installent à leurs tables respectives, et les leçons de langue reprennent. Après un moment studieux s’il en est, Jacou leur suggère de passer aux mathématiques.

     Tous ne savent pas compter et les plus instruits aident les novices dans cette tâche. Étudiant sans relâche, ils ressentent au bout d’un moment une fatigue intellectuelle, et Jacou décide d’arrêter là les études pour ce matin.  

     Le soleil chauffe bien, il leur propose de prendre un bain de soleil, tranquilles devant le bâtiment, jusqu’à l’heure du repas. Arrivant avec les préparations de Berthe et d'Estelle que Child a livrées pour le repas, Manon sourit en les voyant prendre le soleil, allongés, les jambes écartées, en toute impudeur, le soleil leur chauffant agréablement les testicules.  

     Je rejoins Jacou et Anatole et me mets nu tel que l’exige la règle pour tout le monde dans l’enceinte. Âgé de trente-cinq ans, je mesure six pieds deux pouces, les cheveux noirs, un corps musclé, un petit ventre rond. Sous la toison noire fournie, un membre de cinq pouces de long entre deux testicules pendants.

     Nous sommes en train de parler de cette vapeur qui promet des progrès dans notre vie quotidienne, nous réfléchissons aux machines que l’on pourrait construire pour se faciliter la vie.

      Michel Wald arrive, et doit se déshabiller. Grand, six pieds deux pouces, les cheveux courts qui commencent à passer du noir au poivre, les yeux verts, il est large d’épaule, des gros bras musclés, des mains gigantesques, et des pectoraux puissants. Son ventre est sculpté comme celui d'un dieu grec. Une grosse toison encore noire malgré ses quarante-cinq ans orne son bas ventre, au-dessus de son membre de sept pouces.

     Anatole vante la machine à laver, qu’il a expérimentée ce matin avec les cousines. L’heure du repas approche. Tout le monde va prendre une douche.  le soleil, ça fait transpirer ! Et la table est dressée, par Manon et les cousines qui lui donnent un coup de main. Michel et moi sommes invités au repas. Tout le monde mange de bon appétit.

      Michel et moi prenons congé, et après le petit tour digestif où participent Josiane et Joelle, riantes, l’heure de la sieste est arrivée. Après la sieste, Child est arrivé avec ses arcs, et se met nu.

     Child est un homme petit, un peu grassouillet, mais très musclé ! il a quarante-six ans. Il ne mesure que cinq pieds cinq pouces, il a peu de cheveux bruns qui entourent son crâne chauve sur le dessus, des pectoraux puissants, des gros bras robustes, un petit bidon et une toison éparse. Il est équipé d’un pénis de sept pouces de long et de petites bourses dissimulées derrière. Il a des cuisses bien musclées surmontées par un petit fessier très ferme, des gros mollets et des petits pieds.

     « Nous nous exerçons au tir sur cibles, plus ou moins distantes selon les progrès de chacun. » dit-il.  Le Borgne, qui ne peut pas encore utiliser son bras, est de corvée de ramassage des flèches. Avec un protocole bien établi pour éviter tout accident : tous les arcs restent au sol jusqu’à ce qu’il revienne, et c’est lui qui décide de quand les ramasser. Ainsi tout risque d’une flèche égarée est exclu.

      L’après-midi se déroule ainsi, sous le soleil brillant, puis c’est le passage aux douches et la salle de sudation. Pendant que les garçons transpirent, Jacou leur explique le déroulement de la soirée, avant le repas : chacun racontera son ressenti sur cette première semaine d’école, et pourra détailler les bienfaits qu’ils ont reçus des enseignements, y compris ceux que les filles leur ont prodigués.

      Après la sudation, la douche, l’heure du massage que chacun apprécie arrive. Les cousines, reportant à plus tard leur besogne de nettoyage, prennent part aux massages, et Jacou, Dillon, Marianne, Mariette, Manon, Josiane et Josette s’en donnent à cœur joie sur les corps de garçons dans un état de quiétude général.  Anatole est là aussi, les récits des jeunes l’intéresse. Jacou invite donc les garçons, chacun à leur tour à parler. On commence par le plus jeune, Alix.

 

 

 

 

 Les témoignages    

 

           Alix Holz

 

      Il apprécie vraiment cette vie, qui l’a fait sortir de l’enfance. Il remercie Jacou pour son enseignement, il sait presque lire maintenant ! Puis il raconte ce que Manon lui a fait, tout ce qu’elle lui a appris, sa jouissance colossale, et ce qu’il a fait à Manon, comment il l’a emmené à l’orgasme.

     Son récit lui provoque une érection dont il voudrait bien profiter maintenant ! Mais il doit se calmer, et l’enseignement de Jacou l’aide dans ce sens. Il espère néanmoins que d’autres rendez-vous privés lui seront accordés !

 

          Xavier Stamm

 

Xavier lui aussi sait presque lire maintenant, et s’amuse avec Alix de jeux de mots qui les enrichissent tous les deux, dit-il. Puis il raconte comment il est devenu un homme, avec Mariette qui lui a tout expliqué !

      Parlant des commentaires qu’il entendait dans l’auberge, à Laudrefang, il a compris ce que tout cela signifiait, Il raconte dans le détail, avec une érection à la clef, comment Mariette l’a fait jouir plusieurs fois, et comment il l’a prise, en levrette dans ses deux orifices alternativement, et comment il a joui dans et sur Mariette, en imitant les cris d’orgasme que Mariette poussait lors de cet assaut.   Tout le monde s’est esclaffé de cette imitation.

     Sa narration lui a fait lâcher un peu de lubrifiant, et il n’a pas pu s’empêcher de se masturber quelques coups.

   

       Charles Kauf

 

      Charles prend la parole. Il remercie d’abord Carole de Saint-Saëns, la mère de Hugues, pour l’enseignement qu’il a reçu d’elle. Il est heureux que, grâce à ces connaissances, il puisse aider les autres dans leur progression.

      Il raconte ensuite sa mauvaise expérience avec Nadège Schaff, la sœur de Hugues, au grand étonnement de celui-ci, qui n’en avait pas eu vent. Mais Mariette lui a déjà donné confiance en lui par les explications sur le corps des femmes, des vierges. Il est ravi du plaisir intense qu’il lui a procuré, de ses jouissances, et il raconte comment, sans sortir d’elle, il a éjaculé deux fois. Et chaque fois, c'était comme un coup de foudre dans sa tête !

 

          Achille Gouvy

 

      Narrant son enfance au sein de la communauté de moines de Hombourg, il raconte les brimades qu’il subissait dès qu’il touchait son corps, et la vie qui ne lui souriait pas, se voyant la finir comme les moines, en prières enfermé dans le monastère.

      Il remercie vivement Jacou et Dillon de l’avoir extirpé de là, les moines ne voulant pas le libérer. Et c’est sous une menace de répression du roi Charles qu’ils ont cédé, le laissant partir rejoindre Durandalem et l’école de Dillon.  

     Il reconnaît néanmoins que son érudition vient de leur enseignement, et il est heureux que celle-ci puisse servir au sein de l’école. Il remercie encore Jacou pour ses massages, et les deux garçons qu’il instruit, Armand et Gabin, pour leurs explications sur le corps, qu’il avait néanmoins du mal à assimiler.

     Puis il parle de Manon, un ange qui lui a ouvert l’esprit et le corps, ses massages doux et affectueux l’ont mis en confiance, et l’approche de Manon sur ses attributs l’a emmené là où il ne savait même pas que cela puisse exister !  

     Il a éprouvé un plaisir immense à faire jouir Manon, et raconte comme cela l’a surpris de jouir à son tour ! Il remercie enfin Manon pour son cours sur l’anatomie intime des filles, et espère, comme elle le lui a dit, qu’il pourra faire profiter les filles des leçons apprises.

   

          Armand Capes

 

      Armand parle de son enfance sur les marchés de la région, et de sa rencontre avec Gabin, de ses premiers émois, et de la séance dans l’étang, où il a découvert qu’il aime les garçons. Il raconte aussi comment ils ont fait l’amour au pied du grand chêne.

      Il remercie Achille, un excellent professeur, qui sait trouver les mots pour faire assimiler rapidement ses connaissances. Puis il raconte comment les jumelles se sont occupées de lui et de Gabin, et comment les deux garçons ont découvert le corps des femmes, et des jouissances que lui et son amant ont pu en tirer, et comment ils ont fait jouir les filles.

     C’était fantastique, dit-il. Gabin acquiesce dans son coin.

 

          Le Borgne Bauer

 

      Le borgne raconte son enfance qui a mal tourné, l’accident qui a tué sa mère, et handicapé gravement son père, et son œil qu’il a perdu ce jour-là dans l’éboulement de la Carrière.

      Il remercie le Fernand Bauer de l’avoir adopté, et de lui avoir donné une éducation pareille à celle de son propre fils, François. Puis vient sa découverte du corps, du sien en même temps que celui de François.

     Et, sans tabou, il raconte ses attouchements, ses rapports sexuels avec François, qui hoche de la tête, et enfin de sa rencontre avec Dillon dans la grande forge, où il a apprécié son énorme pénis, et leurs rendez-vous avec lui qui par deux fois les a fait jouir au plus haut point.

     Il le remercie aussi pour la qualité de son enseignement. Les années passées à Mettis avec Jean d’Ortega ont vraiment fait de Dillon un érudit complet.

     Mais le meilleur, c’était avec Marianne et Mariette, qui leur ont donné tellement de plaisir ! En racontant ce que Mariette a fait avec sa bouche, et leurs chevauchées dans les vagins puis les anus des filles, conclues par des éjaculations simultanées, il ne peut éviter une superbe érection.

     Ce qui fait rire François, qui du coup bande aussi. Il remercie grandement les jumelles qui, souriantes, entendent avec un plaisir non dissimulé ces compliments

 

           François Bauer

 

      François prend la parole. Il est heureux d’avoir un frère comme le Borgne et, bien qu’il s’occupe de ventes avec son père sur les marchés et ne soit donc pas en permanence avec lui, il ne tarit pas d’éloges à son sujet, toujours aussi heureux de partager sa couche, et éprouvant toujours autant de plaisir lors de leurs rapports sexuels.

      Il confirme que leurs rapports avec Dillon étaient fantastiques. Il éprouve, dit-il, encore des frissons quand il pense à cet énorme membre le fouillant tout au fond de l’anus, son pénis restant tendu et turgescent.

      Dillon, du fond de la salle, lui retorque que ce sera à nouveau avec le plus grand plaisir, sous les rires de tout le monde.

     Il remercie les jumelles pour leur application sur lui et Le Borgne, sa découverte d’un vagin, et du plaisir jouissif que son pénis peut apporter à une fille, bien belle chose qu’il n’ignorera plus jamais !

 

         Gabin Fleich

 

     Gabin, lui, raconte sa vie à Naborum, dans la boucherie paternelle, et évidemment sa rencontre avec Armand au lac d’Oderfang, qui lui a montré la voie de l’amour et du sexe.

     Il se remémore la soirée extraordinaire avec Mariette et Marianne, et sa découverte de l’autre sexe, tout aussi séduisant que celui de son amant Armand.

      Il a encore en mémoire les hurlements de plaisir des filles, et les épanchements de foutre et de mouille partout, et il est tout excité - cela se voit - en les narrant.

 

           Hugues Schaff

 

      Hugues, lui le timide dont tout le monde se moquait, s’était réfugié dans les études et avait acquis avec l’enseignement de sa mère Carole de Saint-Saëns, un solide bagage culturel.

     Mais il s’est engaillardi, le mot est faible, en compagnie de Marianne. Il a réussi à lui donner beaucoup de plaisir, des orgasmes qu’il ne pensait pas pouvoir donner, et Marianne l’a fait jouir, en explosions de sperme, dans sa main puis dans son vagin tout chaud, tout frémissant, comme il le décrit.

      Sous sa toison rousse, il a une magnifique érection que tout le monde remarque avec satisfaction, un joli petit pénis tout raide, tout gonflé qu’il ne cherche plus à dissimuler.

 

          Joseph Brett

 

      Joseph, enfin avait un gros complexe. Pourvu d’un seul testicule, il n’avait pas beaucoup d’expérience en ce domaine.

     Mais Marianne lui a montré, avec douceur d’abord, puis avec vigueur, qu’il pouvait donner beaucoup de plaisir, et l’a fait éjaculer deux fois. Non sans avoir un énorme orgasme, pour la plus grande joie de Joseph qui n’a plus qu’une envie, c’est de recommencer !

 

          Dillon d’Ortega

 

    Après avoir raconté son enfance, l’attaque meurtrière dont ses parents ont été victimes, et Jacou qui l’a récupéré blessé, puis son départ pour Mettis sous la protection de Jean d’Ortega, il parle de son retour, et de l’école d’armes qu’il a ouverte à côté de l’auberge.

      Dillon, qui n’est pas un novice en la matière, remercie vivement Marianne, Mariette et Manon pour le travail qu’elles ont fourni cette semaine, et le don qu'elles ont fait de leurs corps pour initier la plupart des garçons aux plaisir de l’amour. Il remercie en particulier Manon pour son écoute attentive lors de son cours particulier.

     Manon pousse un long soupir de plaisir à ce souvenir, et Dillon essaie de retenir, en vain, son pénis qui se redresse à nouveau.

     Tous les garçons ayant pris la parole, l’heure du souper est arrivée. La nuit commence à tomber, et Anatole allume les chandeliers. 

      Les denrées déposées par Child sont en bas, et tous dressent la table, affamés par cette séance quelque peu émouvante. Pendant le repas, Jacou demande aux filles, que les garçons ont encensées dans leurs récits, de leur donner leur ressenti.

 

           Marianne et Mariette Wald, et Manon Germain

 

      Outre le fait que leurs massages sont une nécessité et aussi un bienfait tout autant qu’une nourriture saine et abondante, elles expriment toutes les trois l’importance de leur mission : contribuer à faire des garçons de vrais soldats.

      Elles jubilent en parlant des plaisirs immenses qu’elles ont eus, les orgasmes de folie qui les ont parcourues, et du bonheur de faire jouir les garçons.

      Elles expriment enfin, sans honte et sans gêne, le désir ardant de goûter à tous les garçons, ce qui génère chez eux la plus grande joie et une excitation joviale.

      Jacou décide que demain, plutôt qu'à l’apprentissage du métier de soldat, l’après-midi sera consacré aux plaisirs en groupe, et fera participer tous les garçons à une orgie digne des Romains ici-même, en compagnie des filles si elles le veulent bien.  

     Bien sûr, tous les garçons sont enthousiasmés par cette idée.  Marianne et Mariette sont bien sûr partantes, elles adorent le sexe. Manon aussi est chaude à l’idée de passer d’un garçon à un autre. Les cousines, Josette et Josiane, émoustillées par les récits des garçons, se joindront avec envie aux festivités !

     Dillon se propose d’initier ceux qui le désireront aux plaisirs entre garçons, certains ayant été intrigués et intéressés par les récits des couples de garçons.

     Anatole, que les récits ont ému, propose, afin d’y participer lui aussi, de faire venir deux copines à lui de Laudrefang. Ingrid Stevenson, la serveuse de l’auberge, avec qui il a déjà eu des rapports des plus jouissifs, et Chantal Iser, la sœur de Léon le forgeron.  Chantal adore les filles, surtout Ingrid avec qui elle copule volontiers, mais ne dédaigne pas les garçons si le plaisir est au rendez-vous. 

      Et après avoir bien mangé, tous débarrassent la table, Manon va aider les cousines à nettoyer les douches et la salle de sudation.  Anatole s’en va s’occuper des chaudières. Les jumelles, après avoir débarrassé, rentrent chez elles, accompagnées par Dillon.

         Jeudi 26 mars

 

 

Le jour de l’orgie


      Tout le monde est debout. Chacun a en tête la soirée à venir, et tous se réjouissent de cette idée de Jacou de les réunir pour les plaisirs de la chair.
     Mais pour l’heure, après le petit déjeuner préparé et servi par Manon, tous se retrouvent en classe.
      Aujourd’hui, ils abordent le sujet de l’Histoire, celle du pays et celle du monde.
     Jacou leur explique ce qu’il sait de l’homme, comment il a évolué depuis la nuit des temps, en faisant remarquer que ce sont toujours les guerres et les batailles qui ont marqué l’Histoire.

      Il raconte les temps sombres, où l’homme a évolué sans cesse, d’abord nomade. Puis, découvrant la maîtrise du feu, de l’agriculture et de l’élevage, il s’est sédentarisé, revendiquant des territoires qu’il occupait.
     La civilisation grecque apporte d’énormes connaissances dans tous les domaines, la navigation pousse toujours plus loin les limites du monde Il y eut les Étrusques, puis les Romains, mais aussi les Germains, les Slaves, les Angles, les Bretons.
      Il entre dans le détail des batailles récentes, des rois qui ont régné. Il évoque les conquêtes des Romains, fondateurs d'un empire qui s’étendait sur tout la surface du monde, puis la déchéance cet empire, notamment dû à un mode de vie de plus en plus marqué par la débauche, la luxure et les orgies…
     Les rivalités des Gaulois, la venue des Francs, l’avènement de Clovis, et de Charles Martel, le grand père de Charles, la bataille de Poitiers, où il a repoussé l’armée arabe jusqu’au-delà des Pyrénées… Son fils Pépin qui, partageant le pouvoir laissé par son père, a ensuite régné en monarque absolu, en essayant de faire régner l’ordre et la paix sur le royaume… Le pape, et l’Église qui tenait une grande part dans la conquête des territoires... Jusqu’à Charles, qui guerroie en ce moment au sud de la Gaule, contre les Lombards.

      Les garçons savent qu’ils sont voués à entrer au service de Charles, et qu’ils doivent pour cela maîtriser l’art de la guerre. Les explications vont bon train. Dillon a quelques connaissances qu’il partage. Achille connaît bien les rouages du clergé, et explique le pouvoir divin.

       Les garçons sont attentifs, enregistrant tout cela, ou questionnant sur des sujets incompris, toujours éclairés par Jacou, grand érudit.

     Pendant ce temps, Manon est de retour pour dresser la table : il va être l’heure de manger.  Après le repas et la balade quotidienne, une sieste est nécessaire pour reposer les esprits, et pour reprendre des forces qui vont être nécessaires en soirée. Une soirée que l'on prépare après la sieste…

 

Annexe 14

 

 

           Vendredi 27 mars

 

 

Le lendemain



      Anatole, après s’être occupé des chaudières, raccompagne ses copines chez elles, à Laudrefang. Elles peuvent revenir quand elles le veulent. Ayant fait forte impression sur les garçons, elles seront toujours les bienvenues.

      Les garçons se lèvent, un à un, sans précipitation. Jacou a décrété la grasse matinée, après la folle soirée d’hier. Les cousines Josiane et Josette sont déjà à l’œuvre, ramassant les coussins et autres linges souillés par leurs effluves, Un gros travail de lavage est nécessaire pour nettoyer tout cela ! Mariette et Marianne, ont dormi sur place.

      Une fois que tous sont levés et douchés, elles s’attaquent au nettoyage des douches, lieux de quelques ébats également, ainsi que de la grande salle, qui a besoin elle aussi d’un nettoyage sérieux.

      Manon prépare le repas. La table est dressée. Comme on a sauté le repas d'hier soir, tout le monde a très faim. Ils mangent beaucoup et, se sentant un peu lourds, vont trotter un peu avant de faire une sieste digestive.

     Après la sieste, Jacou entreprend une séance de musculation. Cela se passe dehors. Les garçons font des pompes, soulèvent des charges, tirant sur leurs muscles, Jacou leur inculque les rudiments de la lutte au corps à corps, où il s’agit de maîtriser son adversaire, sans le blesser.
      Pendant ce temps, les cousines terminent la confection d’habits, qui serviront le lendemain.
      Quelques garçons s’adonnent au contact. Alix défie Xavier. Armand et Gabin, qui se connaissent bien, se préparent à lutter. Joseph se mesure à Achille, et sous la surveillance de Dillon, ils entreprennent une lutte.

      On explique quelques prises douloureuses. Les dangers de fractures, entre autres, sont mis en avant. Les exercices durent l’après-midi, jusqu’à la suspension des activités pour cette journée. Ils rentrent donc au centre, puis c’est l’heure d’une bonne sudation et du repos dans le bain de kaolin. Anatole a veillé à ce qu’il soit chaud.

     Puis ce sont des massages, que chacun ressent comme un bienfait nécessaire au corps. Quand Jacou, les jumelles et Manon œuvrent sur leurs corps, certains ne peuvent s’empêcher d’avoir une érection en pensant à la dernière soirée. Mais ils n’auront rien de plus ce soir !

       Jacou explique qu’ils doivent arriver à se contenir, à contrôler leurs pulsions. C’est une étape importante dans leur formation, ils ne doivent pas voir les filles nues comme des promesses de plaisirs sexuels, mais comme des professionnelles qui travaillent pour leur santé !

     L’exercice de la veille était un test pour la maîtrise d’eux-mêmes. Ils doivent parvenir à faire abstraction de la nudité. Ils sont là pour apprendre à être des soldats - les meilleurs, promet Jacou !

      Dorénavant, chacun durant son quartier libre pourra s’il le souhaite solliciter un rapport sexuel, mais personne ne pourra être obligé. Chacun ou chacune est libre de disposer de son corps, mais en aucune façon ne pourra exercer une quelconque pression pour arriver à obtenir ce qu’il désire.

      Cela est aussi valable pour les filles, qui doivent faire montre de retenue en présence des garçons. Ce n’est qu’à ces conditions que l’apprentissage pourra continuer, en bonne intelligibilité.

     Jacou rappelle aussi que l’acte sexuel est une fatigue pour le corps, et qu’il lui faut nécessairement des périodes de repos, sous peine de faire apparaître des carences.  Carences nuisibles, voire dangereuses, pour les exercices physiques destinés à former les garçons.

     Après la détente, l’heure du repas du soir est arrivée. Manon a comme à son habitude dressé la table, et chacun se délecte des plats préparés pour eux par Child, Berthe et Estelle. 

      Puis, fatigués, repus, et ayant encore à récupérer des ébats de la veille, tous vont se coucher. pour une nuit paisible. Et pour qu'elle le soit, Jacou leur a préparé une potion calmante leur assurant un excellent repos.

 

 

 

 

             Samedi 28 mars

 

 

 Le pouvoir de communiquer mentalement

 

 Les garçons

 

     Ce matin, Jacou, Dillon et les garçons, après avoir pris leur petit déjeuner, descendent à la buanderie, où les attendent Josette et Josiane. Elles apportent, pour les maîtres et les garçons, des habits lourds, tous identiques, qu’ils doivent enfiler, ainsi que des chausses hautes à mettre aux pieds. Ils doivent aussi chacun se munir d’un sac en toile épaisse…

      Ils vont sortir de l’enceinte, pour la première fois depuis huit jours. Ils ne peuvent le faire nus. Tous s’équipent.  Les habits épais semblent pouvoir résister à la déchirure.

      Jacou veut leur enseigner... rien de moins que la manière de communiquer par la pensée ! Pour cela, après s’être tous munis d’une épée, ils sortent de l’enceinte. Georges arrive pour sa permanence du samedi. Il s’occupera des filles.

     La troupe gravit la colline qui sépare Durandalem de l’abbaye des Glandières.  Sur le côté nord, à flanc de colline, parmi les broussailles, se devine l'entrée d’une caverne.

     Quand le groupe s’en approche, à l’étonnement général, les broussailles se mettent à trembler ! Jacou explique que ceci est un phénomène naturel : ces broussailles-là, appelées les trémulondes, sont sensibles aux ondes que dégage le corps humain sous forme de chaleur, même à travers les vêtements. 

     Cette chaleur, que Jacou nomme rayons de pensée, permet à ceux qui la maîtrisent de communiquer entre eux à distance, par la pensée.

     Les trémulondes contiennent une substance qui, si elle est recueillie dans le noir et préparée selon une méthode connue de Jacou, et absorbée en étant nu, permet de parler dans la tête et d'écouter ceux qui l’ingèrent.  Mais pour cela, il faut pénétrer dans la caverne, où la nuit règne, pour cueillir les trémulondes et les préparer. 

     Jacou avertit les jeunes : l'opération sera dangereuse, car des créatures rampantes, les leevancliffus à queue acérée, vivent dans cette caverne et peuvent blesser. Leur queue est munie de piquants acérés comme des épées, qui peuvent entailler les chairs. Les garçons doivent donc pénétrer dans la caverne, s’habituer à l’obscurité et guetter les bruits venant du sol. De leurs épées, ils doivent chasser les reptiles, et surtout ne pas les toucher, leur contact étant très urticant. Ils doivent chercher à tâtons ces herbes qui poussent sur les parois de la caverne, les cueillir et les enfouir dans leurs sacs, afin qu’elles ne soient jamais exposées à la lumière. Mais attention, leur explique Jacou : chacun ne doit toucher que les herbes qu'il mettra dans son propre sac. C'est le contact de leurs propres mains qui conditionnera la réussite de l’expérience.

      Ils ne comprennent pas très bien. Mais, s’organisant en groupes de trois, ils s'aventurent plus avant dans la caverne. Une odeur de champignon et d’humidité leur titille le nez.

      A tâtons, ils s’avancent, serrés l’un contre l’autre. Et tandis que deux d'entre eux balaient le sol de leur épée, le troisième cherche la plante et la casse pour l’enfouir dans son sac.  Ils sentent bien les coups donnés par les queues des leevancliffus, et essaient de les repousser avec leurs épées.

      Ils répètent l’opération à tour de rôle, et, une fois les trois sacs remplis, ils ressortent, aveuglés par la lumière du jour après cette complète obscurité. Les reptiles ont porté plusieurs coups sur les jambes des garçons, mais la toile épaisse de leurs habits les a protégés efficacement, et personne n’a été blessé, hormis quelques bleus sur les mollets. Tous sont ressortis, les herbes dans leurs sacs, et la troupe s’en retourne à l’école.

      Une fois de retour, ils se défont de leurs lourds habits, qui doivent être brûlés.  Et ils doivent aussi passer leur épée à la flamme. Tout cela pour détruire les toxines laissées par les reptiles. Jacou les réunit pour leur expliquer le mode opératoire.

      Ces trémulondes contiennent une substance qui, une fois inhalée par une personne nue, permet de transmettre les pensées en émettant des ondes d’un type bien particulier, tout en rendant réceptif aux ondes des autres personnes nues qui ont aussi inhalé la substance.

     Le principe consiste à penser au prénom de celui avec qui on veut communiquer, et de se concentrer exclusivement sur cette communication. Les exercices concernant les pensées sexuelles et le rejet de ces pensées s'avèrent donc utiles. les garçons ont déjà suivi un tel entraînement lors de leurs séances de sudation, entre autres.

     Pour commencer, il faut de l’eau très chaude dans un grand bol. Jacou y ajoute quelques gouttes d’une potion dont il a le secret. Chaque garçon, nu dans une pièce totalement obscure, devra sortir les herbes du sac, les plonger dans l’eau chaude, puis respirer les vapeurs qui émanent, le visage au-dessus du bol. Et ce, pendant cinq bonnes minutes, en faisant le vide dans sa tête, en ne pensant que à son prénom, concentré au maximum. L’exercice est difficile, mais primordial pour la réussite. Le temps que la potion agisse sur le cerveau et génère un processus permettant d’émettre les ondes.

     Puis ils pourront ressortir de la pièce, en emmenant leur sac et leur bol. Ils laisseront les buandières aérer la pièce, afin de la rendre à nouveau opérationnelle en éliminant les effluves répandus.

      Les bols seront vidés dans un réceptacle allant directement dans la fosse à excréments, puis ils seront bouillis, et les sacs seront jetés au feu, dans l’âtre allumé près des pièces.

      Ils devront ensuite, sans dire mot, aller dormir au moins deux heures. Jacou leur donnera à boire un puissant somnifère de sa composition. Les quatre pièces au fond du bâtiment ont été aménagées à cet effet, avec les fenêtres rendues opaques à la lumière, pour garantir l’obscurité totale.

      Manon est prévenue. Le repas se fera au réveil, dans l’après-midi, une fois que tous auront dormi, y compris Dillon et Jacou.

    Tous les garçons sont couchés. Jacou est le dernier à sortir de la pièce après avoir bu sa potion, et il se couche aussi. Pendant leur sommeil forcé, les pièces sont nettoyées à fond et ventilées par Josiane et Josette, et les tentures occultantes sont lavées.

     Au réveil, tous ont la tête lourde. Une douche bien chaude et un séchage vigoureux les mettent en condition pour la suite de cet apprentissage hors du commun.

     « Maintenant, leur explique Jacou, vous allez rester assis, sans bouger, sans parler, et vous allez garder les yeux fermés.  Quand vous entendrez votre prénom qui résonne dans votre tête, vous ouvrirez les yeux, sans mot dire, pour ne pas troubler les autres. ». 

      Il commence l’expérience.  Les uns après les autres, ils ouvrent les yeux, Jacou les appelant mentalement. 

    « Voilà, vous êtes maintenant connectés. vous pouvez essayer de vous appeler entre vous, et me dire si cela fonctionne. » Au début, c’est un peu ardu, les pensées se mélangent, mais petit à petit, les garçons arrivent à parler entre eux, mentalement. L’opération a parfaitement réussi !

    Gabin dit en pensée à Armand qu’il l’aime, et Armand répond que lui aussi, et ils décident d’aller tous les deux dans une des pièces du fond pour se le montrer.  Sans un mot, ils se lèvent, et se dirigent tous deux vers la pièce. Chacun devine la nature des échanges mentaux qu’ils ont eu !

      Jacou sourit.  Lui, et lui seul, peut grâce à sa concentration et ses inhalations multiples, recevoir les pensées de chacun, même si elles ne lui sont pas destinées.

      Il avertit les garçons de ce pouvoir qu’il est le seul à posséder. et leur explique qu'il peut de cette manière les conseiller sans mot dire. Mais ils ne doivent pas pour autant se sentir surveillés, assure-t-il.  Cependant, ajoute-t-il en s'esclaffant, ils doivent éviter de dire du mal de lui ! 

     « C’est une question de confiance réciproque. Vos pensées personnelles avec un de vos compagnons ne seront jamais l’objet d’une remarque de ma part, sauf si cela vous met en danger, ou si cela peut nuire à l’homogénéité du groupe ! ».

      Il leur annonce aussi que prochainement, il emmènera les filles dans la caverne, afin qu’elles puissent bénéficier du même pouvoir, et être en contact mental avec eux si elles le désirent.

      Les garçons se rendent peu à peu compte du pouvoir qu’ils ont acquis, pouvoir qui peut par exemple lors d’une bataille leur sauver la vie en étant prévenus d’un danger imminant dans la cacophonie d’une bataille.

     Ils se rendent compte aussi de la portée possible de leur pensée.

      Le Borgne demande mentalement à Gabin si ça va, et Gabin lui répond à l’autre bout du bâtiment, dans une pièce fermée, « Oh ! oui ! encore ! » ce que retransmet le Borgne, suscitant l’hilarité générale.

     Jacou les informe qu’il a déjà réussi à communiquer sur une lieue de distance ! Puis, mentalement, il dit aux amoureux qu’ils doivent maintenant cesser leurs ébats, vu que tout le monde est affamé et que Manon a dressé la table.

     Les jumelles sont là, ainsi que Josiane et Josette. Jacou dit aux jeunes que, s’ils ont acquis ce pouvoir, ils ne doivent pas l’utiliser forcément pour parler des prouesses sexuelles des filles !

     Après le repas, pris dans l’après-midi, la petite balade est de mise.  Mais plutôt que de la sieste, ils profitent immédiatement des bains de kaolin, de la salle de sudation, et des massages de Marianne et Mariette.  À leur guise, jusqu’en soirée, où une petite collation leur sera servie avant d’aller se coucher. Ainsi s’achève cette journée riche en découvertes, et ce nouveau pouvoir les enchante. Mais Jacou a d’autres pouvoirs en réserve, qu’il leur fera découvrir prochainement !

 

 

 

         Dimanche 29 mars

 

 

Le pouvoir de communiquer mentalement

 

Les filles

 

     Les garçons, dès le réveil, s’empressent d’expérimenter leur nouveau pouvoir. Après le petit déjeuner, les études reprennent.

     Mais l’acquisition de ce nouveau pouvoir change les choses ! Chacun peut questionner qui il veut, avoir des éclaircissements sur tel ou tel mot, telle règle ou telle formulation, ce qui fait progresser les étudiants d’une façon spectaculaire.

     Les mathématiques sont abordées, le calcul est aisé...  Et Jacou apprécie les vertus de leur nouveau pouvoir. Quelle amélioration des échanges !  La matinée est studieuse, animée, mais presque en silence. Les garçons, désormais dotés d'un grand pouvoir de concentration, assimilent très vite les données, ce qui étonne et réjouit Jacou, qui ne pensait pas les faire progresser aussi vite !

     Manon est arrivée. Elle dresse la table comme à son habitude, et les garçons, à force de réfléchir, ont vraiment faim ! Pendant le repas, Jacou annonce que cet après-midi, il emmènera les filles à la caverne. Leurs habits confectionnés par Josiane et Josette, sont prêts. Les salles pour les inhalations ont été occultées.

      Le sommeil forcé sera pris dans son cabinet. Des lits sont prévus pour cela, de façon à ne pas interférer avec les activités des jeunes gens. Il demande donc aux garçons de s’occuper des tâches de Manon après le repas, de nettoyer la salle de sudation et les douches - ce qui était généralement fait par Josiane et Josette - et d’être bien attentifs cet après-midi aux cours de Dillon, qui reprendra l’entraînement à l’épée.

     Quand ils reviendront, il faudra que les garçons respectent le repos des filles, qui ne pourront pas aujourd’hui vaquer à leurs tâches de nettoyage et de massage, ni s'occuper du repas du soir. Dillon en profitera pour initier les garçons aux techniques de massage après la sudation.

    « Que chacun se souvienne de la mésaventure du Borgne ! » dit-il, en faisant remarquer que sa blessure est guérie.

     Marianne et Mariette sont arrivées. Dans la buanderie, avec Josiane, Manon et Josette, elles enfilent les habits en toile épaisse, se munissent de sacs, et partent avec Jacou vers la colline, en direction de la grotte. Une fois sur place, Jacou accompagne chaque fille à tour de rôle dans la caverne, pour les protéger des coups de queues des leevancliffus. Et, une fois tous les sacs remplis de trémulonde, le petit groupe rejoint l’école.

     Les garçons sont dehors, à croiser le fer, tandis qu’elles vont à l’intérieur, pour se déshabiller et recevoir l’enseignement tel qu’il a été donné aux garçons.

     Après les cours d’épée, les garçons profitent de la sudation et s’initient aux massages. Dillon leur explique les techniques à adopter. Bien sûr, certaines réactions physiques apparaissent lors des massages... Les pensées se croisent, les idées se concrétisent, les mains s’agitent, et parfois les verges se dressent. Sans aller plus loin. 

      Mais quelques rendez-vous futurs sont pris !

      Le soir venu, Anatole a allumé les chandeliers, les garçons ont dressé la table pour le repas.  Les filles se joignent à eux, sous une multitude de questions mentales émanant de toutes parts, qu’elles n’arrivent pas à trier.

     Jacou, qui peut communiquer mentalement avec tout le groupe, impose sa pensée aux garçons, qui devront cesser d’utiliser leur pouvoir envers elles aujourd’hui.

      Il faut que les filles puissent expérimenter et maîtriser à leur aise leur nouveau pouvoir. Les garçons devront se contenter de répondre mentalement aux pensées des filles qui leur sont destinées.

     « C’est à ces conditions que tout le monde arrivera sereinement à communiquer ».

     Il est temps d’aller se coucher.  Demain sera une rude journée, a précisé Jacou, sans en dire davantage. Dillon et les jumelles quittent le bâtiment. Anatole fait le tour pour éteindre les chandeliers, les âtres dans la bâtisse, et s’active sur les chaudières pour la nuit. Josiane et Josette, après leur sieste forcée, n’ont pas sommeil, et veulent bien passer un moment à discuter avec Anatole dans ses quartiers quand il aura fini ses tâches de la journée.

 

Annexe 15

 

 

         Lundi 30 mars

 

 

 

 

L’apprentissage de la pensée

 

     Une journée qui commence sous un gros soleil, voilà qui est de bon augure ! Ce matin, après avoir déjeuné, les garçons vont s’entraîner en utilisant leur pouvoir. Mais ils constatent bien vite qu’ils ne maîtrisent pas encore leurs pensées.

      Joseph, en voyant Manon débarrasser la table, penchée en avant, se dit qu’il la prendrait bien, là, en levrette, sur la table... Et Manon de rétorquer par la pensée qu’il ferait mieux d’apprendre à maîtriser ses pensées, sous peine d’avoir de grandes déceptions ! Joseph, surpris que Manon ait capté ses pensées, lui demande, toujours mentalement, de l’excuser.  Il a du mal à séparer sa condition de soldat et sa condition de mâle ! Et Manon accepte ses excuses, en le regardant, souriante. Jacou, qui a capté l’échange, sourit lui aussi...

     L’apprentissage commence ! Les yeux bandés, chacun devra exécuter des actions sous des directives mentales, afin de bien connaître les possibilités et les outils que donne ce pouvoir.

     Ils peuvent recevoir des pensées venant de plusieurs personnes, et doivent savoir laquelle est la bonne. Jacou leur explique comment arriver à se déconnecter, pour ne suivre qu’une pensée, mais les essais ne sont pas probants. Certains y arrivent très bien, mais les plus jeunes ont du mal à trier, et n’arrivent pas à se concentrer suffisamment.

      L’exercice dure une bonne partie de la matinée. Le plus difficile, c'est de rester sans pensées ciblées quand arrivent les jumelles, à qui Jacou a demandé de venir ce matin. La beauté sublime de leurs corps nus les embrase tous. Sauf Alix, perdu dans des rêves, et Dillon, qui maîtrise la situation maintenant.

       Ils doivent apprendre à analyser ce que leurs yeux voient, imaginer ce qu’ils ressentiraient s’ils étaient aveugles, et cela n’est pas facile ! Certains pensent que c’est à cause de la nudité, et demandent à Jacou si les filles ne pourraient pas être habillées, ce serait plus facile ! 

     « Certes plus facile... Mais vous n’arriveriez pas à la maîtrise de vos pensées, et votre pouvoir pourrait se retourner contre vous. Un autre pourrait prendre le contrôle de vos pensées ! »

     Tous comprennent bien que leur apprentissage de ce pouvoir n’en est qu’au début, et qu’une grande discipline et une volonté de fer seront nécessaires pour évoluer !

     « La nudité en commun, sans parti pris, sans jugement du physique, sans regard sur la différence, c’est l’avenir de l’humanité ! » dit Jacou, en précisant bien que cela n’est pas près d’arriver...  Mais au sein de l’école, toutes et tous se doivent d’y parvenir, pour acquérir encore des pouvoirs.

     L’heure du déjeuner arrive. Manon, aidée par Marianne et Mariette, installe la table. Tout le monde s’installe, les cousines et Anatole aussi. Ainsi, à cette table, tous les convives connaissent ce pouvoir que Jacou leur a inculqué, et chacun peut à tout moment s’entraîner, les pensées fusantes tous azimuts. Sauf Anatole, qui demande à Jacou si lui aussi n’aurait pas à gagner de cet enseignement. Jacou lui promet que dès demain, il sera lui aussi initié !

     Après le repas, plutôt que la petite course et la sieste, Jacou propose de bavarder ensemble. Chacun pourra demander à haute voix. Ainsi, tout le monde entendra les questions et les réponses, et ce que les autres veulent savoir.

     Achille demande pourquoi les congrégations qui ont fait vœu de silence, tels les moines du monastère des Récollets, ne connaissent ni ne pratiquent ce pouvoir.  Jacou dit alors que leur voie est d’écouter, et non de communiquer. Chez eux, seul Dieu a la parole, et ils se doivent de se taire, pour mieux l’entendre. De plus, pour eux la nudité est taboue, et ce pouvoir ne peut s’acquérir qu’en étant nu.

     Xavier, qui est un curieux, demande comment un tel pouvoir est aussi méconnu. Jacou lui rappelle alors leur propre étonnement à l’approche de la caverne en voyant bruisser les trémulondes.  Personne d'autre ne s'est risqué à pénétrer dans cette caverne si étrange. Le Diable y habite sûrement !

     « Mais comment toi, Jacou, es-tu en possession de ce pouvoir ? » demande Hugues. Jacou leur dit alors qu’il y a des secrets qui ne se transmettent que de bouche à oreille, et que lui, qu’on aurait jadis appelé un druide, et qu’on nomme encore parfois le sorcier, a été enseigné par son maître Sirius. Il a voyagé avec lui sur toutes les terres et par toutes les mers connues, et encore au-delà, il y a déjà bien longtemps.

      Joseph demande quelle est cette potion qu’il verse dans l’eau d’infusion. Jacou lui répond que cela fait partie du secret, avec bien d’autres éléments encore. Il ne doit manquer aucun de ces éléments, sous peine de fabriquer un poison mortel !  Quelques infortunés alchimistes s’y sont attelés, ils y ont laissé leur vie... 

      Il leur assure cependant que tout cela ne tient ni de la magie, ni de la sorcellerie, ni de la volonté divine. C’est l’aboutissement naturel de l'intelligence de l’homme, de sa connaissance toujours plus approfondie et réfléchie de son corps et de la nature...

      Dillon demande qui possède ce pouvoir, hormis celles et ceux qui sont à table. « Personne ! J’étais le seul initié, formé par Sirius, mon Maître. À sa mort, je suis devenu l’unique possesseur de ce pouvoir.  Sirius connaissait les chemins du destin, et m’a enseigné le mien.

     J’ai attendu des années et préparé ce jour, en m’installant à Durandalem. Ce n’est pas par hasard ! Vous êtes les premiers à qui j’enseigne ce pouvoir. Vous serez parmi les seuls à le posséder, et, si j’arrive à le faire évoluer, vous vous en servirez entre vous quand vous serez soldats, même habillés !

      J’ai beaucoup insisté sur le caractère isolé de mon enseignement auprès des instances de l’Église et de la Royauté ! Ils ont admis, non sans mal, le sens hygiéniste de votre formation nudiste, conscients que le temps pressait. 

     J’ai eu l’appui de mon ami Jean d’Ortega, reconnu comme un Maître auprès de toutes les soldates et tous les soldats du roi. En voulant bien me confier son élève, Dillon ici présent, il m’a permis de mener le projet à bien.

      Avec la nudité, avec votre isolement complet, beaucoup se demandent de quelle nature est cet enseignement ! Et attendez-vous à être questionnés dès que vous serez en dehors de cette enceinte sur ce que vous avez appris ici.  

     Anatole me rapporte que des espions ont tenté et tentent encore de pénétrer dans l’enceinte, et les filles me disent aussi être souvent questionnées sur nos activités et sur leurs rôles ici. 

     Ne parlez pas de votre pouvoir de communiquer par la pensée, son existence est à oublier !  Je vous l’ai transmis, afin de vous former au mieux avec des armes que vous seuls posséderez ! On pourrait, si l’on connaissait son existence, l’interpréter comme un pouvoir permettant de lire dans la pensée de tout le monde, et certains voudraient se l’approprier, vous mettant en danger ! »

      Puis il demande aux garçons quelles autres questions ils auraient. Alix, qui a découvert les joies de l’amour physique, demande de quelle manière l’on doit aborder les filles pour bénéficier de leurs faveurs, ce qui fait rire tout le monde. Marianne lui répond que, s’il a envie de passer un moment avec elle, il n’a qu’à le demander, ce sera avec plaisir ! Alors, il lui demande si maintenant ce serait possible, et elle répond que oui, elle veut bien lui donner une séance de massages privée maintenant et l’invite dans une pièce !

    Personne d’autre n’a de questions. Jacou clôt donc la discussion. Les garçons ont l’après-midi pour se détendre, entre eux, ou avec les filles.

      Il donne rendez-vous à toutes et à tous en fin d’après-midi pour une séance de sudation, où il montrera une technique qui leur fera chaud au corps ! Pour l’heure, il a quelques expériences à faire dans son cabinet, et ne veut pas être dérangé.

     Un après-midi de loisir, voilà qui n’était pas prévu ! Mariette invite Xavier et Charles à la rejoindre dans une pièce, Manon fait de même avec Joseph, qui la désirait ce matin, et avec Hugues, qui s'en fait une joie.  Armand et Gabin veulent terminer ce qu’ils ont entamé ce matin, et invitent le Borgne et François dans la dernière des quatre pièces.  Anatole participerait bien, mais il a du travail. Il doit préparer la salle de sudation.

     Josette et Josiane aussi ont du travail, et elles invitent Achille et Dillon à les aider dans la buanderie, ce qu’ils acceptent avec joie !

 

Annexe 16

 

     L’heure est arrivée.  Toutes et tous, après leurs loisirs, ont pris une douche, et se retrouvent dans la salle de sudation. Jacou les rejoint et leur montre une méthode, qu’il appelle « ouragan ».

     Il prévient que cela va paraître brûlant, et que si quelqu’un se sent mal, il peut quitter la salle à tout moment. La technique consiste à verser de l’eau parfumée sur des pierres brûlantes installées par Anatole, et à ventiler la vapeur qui s’en dégage. Les parfums sont un mélange de menthe, d’eucalyptus, et de quelques plantes aux vertus connues de Jacou. 

      Il verse, à l’aide d’une grande louche en bois, l’eau parfumée sur les pierres brûlantes, eau qui se transforme aussitôt en vapeur. Quelques louches.

     Puis il se munit d’un grand éventail qu’il a apporté, et brasse l’air saturé de vapeur vers les jeunes assis autour de lui. Un souffle brûlant les saisit, piquant les yeux. La température monte en flèche, et atteint une chaleur jamais égalée dans la salle de sudation. Chaque personne présente a droit à un souffle personnel.

      Des plaintes se font entendre : « Ça brûle ! », « C’est trop chaud ! », ou des « Ouf !» que lâchent les filles et les garçons surpris.  

     Un moment plus tard, une fois que tout le monde a accusé le coup, il remet de l’eau sur les pierres, encore plusieurs louches, et, avec une grande serviette qu'il fait tournoyer au-dessus de sa tête, il répand la chaleur brûlante dans toute la salle.  Il est en nage, la sueur coulant à flots sur son corps. Les jeunes n’en peuvent plus.  Mentalement, ils se disent leurs souffrances, et chacun attend qu’un autre craque et sorte, pour le suivre immédiatement. Mais personne ne sort…

      Encore les dernières louches et Jacou reprend son éventail, pour recommencer le souffle sur les jeunes. Ils ferment les yeux, se mettent les mains sur le visage, ou la tête entre les genoux ! Tout le monde râle, mais aucun n'est sorti. Tous attendent en haletant, l’air trop chaud leur brûlant les poumons. Mais petit à petit, l’humidité de la vapeur s’en va, et cela devient à nouveau respirable.

     « Maintenant, tout le monde sous la douche froide ! »  Toutes et tous se précipitent, trop heureux de sortir de cet enfer, et leurs corps fument au contact de l’eau froide, dans un gros nuage de vapeur qui les camoufle les uns et les autres.

      Jacou les invite aussitôt à descendre et à sortir, mouillés dans l’air frais du soir, afin que leurs corps refroidissent encore, jusqu’à ce qu’ils sentent des frissons. Anatole, qui les voit arriver, est mort de rire en voyant leurs traits tirés, leurs visages et leurs corps ruisselants couleur écrevisse ! 

      Les voilà mûrs pour passer sous une douche tiède et reprendre une température corporelle normale. Après quoi ils s’essuient mutuellement, chacun frottant l’autre pour le sécher.

     « Repos, maintenant ! » dit Jacou en les invitant à s’allonger sur les coussins au sol. Lui-même s’allonge parmi eux, et mentalement leur demande d’écouter leur corps, de ressentir en eux leur cœur, leurs poumons, le sang dans leurs veines, et de garder le silence. Leur respiration est de moins en moins haletante, leurs cœurs qui tapaient la chamade se calment, et un sentiment d’immense plénitude les envahit. Un bienfait qu’ils n’avaient jamais ressenti ! Ils restent ainsi allongés. Certains s’endorment, apaisés comme jamais !

     L’heure du repas du soir approche, et les filles vaillantes s’y mettent toutes pour dresser la table. Tout le monde est affamé et déshydraté par ces litres de sueur éliminés avec leurs toxines. 

     À table, les garçons comme les filles remercient Jacou pour son « ouragan », et lui suggèrent de le refaire de temps en temps, tellement ils se sentent bien maintenant ! Les plats sont vidés, les corbeilles de fruits aussi. Plus rien à manger sur la table quand le repas est fini ! Jacou leur sert des petits verres de remontants, des digestifs qui les mettent presque en transe.

     Entre-temps, Anatole a installé des nouveaux quartiers au rez-de-chaussée, à côté du quartier des cousines, pour les jumelles, près de Manon.

      Dorénavant, les filles resteront le jour et la nuit dans le bâtiment, leurs allées et venues à l’extérieur intriguant trop les gens au dehors.  Dillon aussi s’installe un quartier à côté du dortoir des garçons.  Ainsi, plus de contacts extérieurs et de questions gênantes.

     Child s’occupera de ravitailler l’école, Michel devra se passer de Marianne et de Mariette. Pour manger, il ira chez Child. Estelle, mon épouse, aide déjà depuis un moment Berthe et Child à la place de Manon.

     Tout le village est fier de son école. On en parle même par-delà les collines, comme le raconte le Fernand Bauer quand il revient des marchés.

      Depuis que ses commis ne sont plus là, il a embauché trois jeunes de Naborum, Edouard et Jacques Basin, et Gildas Dor, pour l’aider à la ferme.

      Il est l’heure de se coucher.  Nul ne rechigne, tant tout le monde est épuisé par cet après-midi de loisir pas comme les autres !

      Les jumelles sont enchantées de leur quartiers, Manon aussi est ravie, et Anatole, qui sait que toutes les filles dorment à quelques pieds de ses quartiers, est, on ne peut plus heureux ! 

      Par la pensée, Jacou leur souhaite une bonne nuit, et chacun lui répond, lui souhaitant également la nuit la plus douce. Et tout le monde s’endort rapidement. Anatole fait le tour du propriétaire, éteint les derniers chandeliers allumés, fait sa ronde avec sa lanterne, regarde du côté des quartiers des filles, qui dorment épuisées. Puis il se couche aussi.

 

 

        Mardi 31 mars

 

 

 

L’instruction

 

     Ce matin, les cours sont dirigés par Dillon, qui veille à la progression de l’instruction des garçons. Anatole s’est levé tôt, il doit avoir terminé ses tâches dans le bâtiment avant de partir avec Jacou hors des murs pour son initiation. Après quoi tous les habitants de l’école posséderont le même pouvoir.

     Une livraison de charbon est prévue ce matin. Anatole a sollicité Marianne et Mariette, qui désormais dorment sur place, pour s’en occuper. Il leur a expliqué comment cela se déroulerait.

      Elles devront enfiler des tuniques, non seulement pour ne pas se salir, mais aussi parce qu’elles devront ouvrir le portail à Pierre, le livreur, qui est autorisé à pénétrer dans l’enceinte sans se mettre nu.

     La charrette est munie d’une benne permettant de déverser son contenu dans la réserve de charbon. J’ai confectionné à cet effet un système à manivelle pour incliner la benne, qui se déversera toute seule dans l’ouverture de la réserve. Cette charrette est très appréciée. L’abbé Jean des Glandières ne tarit pas d’éloges sur son utilité, et sur mon génie inventif !

     Quand Pierre arrive, les jumelles sont là pour l’accueillir.  Il en est fort agréablement surpris.

      Une fois la charrette vidée, des envies le prennent en voyant les bouts de seins que l’on devine sous leurs tuniques. Les jumelles comprennent vite que Pierre a des idées bien arrêtées. Elles ont bien vu sous ses braies une forme qui laisse à penser qu’il ne rechignerait pas à un contact plus intime avec elles ! Elles lui proposent donc de venir dans le bâtiment, pour prendre une douche chaude.  Les douches ne sont pas légion en dehors de la bâtisse ! Il accepte volontiers, il est couvert de poussière, et noir jusque dans les oreilles.

      Il a bien une idée, mais ne sait pas s’il ne fera que prendre une douche !

 

Annexe 17

 

     Après s’être habillé de neuf avec les braies que les cousines, sur la demande des jumelles, lui ont données, Pierre repart en charrette. Marianne et Mariette en tunique lui ouvrent le portail. 

     À la sortie de l’enceinte, il croise Jacou et Anatole, qui reviennent de la grotte avec le sac d'herbes. Pierre leur assure que cette livraison s’est passée bien mieux qu’il ne l’espérait ! Jacou et Anatole éclatent de rire, ils connaissent bien le tempérament des jumelles, qui devant le portail, prennent un air de saintes, avant de rire de bon cœur elles aussi !

      Child arrive pour livrer les préparations pour le prochain repas, et trouve les jumelles rayonnantes. Il félicite Jacou pour sa sollicitude à leur égard !

     Manon, sa fille, arrive vêtue de la tunique qu’elle doit enfiler quand elle doit prendre livraison, depuis qu’elle vit nue au sein de l’école. Child la trouve splendide.  Il est heureux que sa fille soit aussi impliquée dans cette formation...  Il aura de quoi raconter à l’auberge !

     Rares sont les moments où autant de monde se trouve au portail !

     Puis Anatole suit Jacou pour la suite de l’opération. Les jumelles et Manon s’en vont pour dresser la table.

     Les cours sont finis, tout le monde est attablé. Jacou a couché Anatole dans une pièce du fond.  

     Les jumelles racontent mentalement à Manon leur douche améliorée. Manon leur répond par la pensée qu’elle avait déjà deviné sous ses braies l’appareil de Pierre, quand il venait livrer le charbon à la forge. Elle aimerait bien essayer aussi !

     La vie de l’école reprend son cours normal. Le petit trot après le repas, la sieste des garçons, et l’entraînement de l’après-midi.

     Aujourd’hui, Child revient avec ses arcs. Il est nu, profitant sur son corps du généreux soleil de l’après-midi.

      Les garçons, de plus en plus habiles, parviennent à atteindre des cibles de plus en plus éloignées. Le Borgne, qui n’a pas pu profiter des premiers entraînements à cause de sa blessure, s’en sort bien lui aussi.

     Joseph est le champion. Il ne rate aucune des cibles qu’il doit toucher, aussi loin soient-elles. Puis Child amène une catapulte, qui lancera des disques d’argile. Les garçons devront toucher ces cibles en mouvement. L’affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît ! Il faut anticiper la vitesse de la cible, et décocher la flèche devant, de façon à la toucher. Il faut beaucoup d’entraînement à chacun pour y parvenir.

      Et c’est tard dans l’après-midi que Child repart. Les garçons vont prendre leur séance de sudation, bien douce en comparaison de celle d’hier.

     Après la sudation et la douche, les massages apportent un soulagement aux bras des garçons, endoloris par les bandages successifs de leurs arcs.

     Anatole a réapparu. Tous essaient de communiquer avec lui. Il est un peu perdu, avec toutes leurs pensées qui lui parviennent en même temps !

     Jacou, mentalement, demande aux garçons d’arrêter, et de laisser Anatole faire le contact, afin qu’il maîtrise bien ce nouveau pouvoir.

     Anatole questionne alors Marianne sur la livraison de charbon. Elle lui dit en pensée ce qui s’est passé, et Anatole, apparemment sans raison, éclate de rire, à l’étonnement de l’assistance. Mais Mariette, qui voit Marianne rire, s’esclaffe aussi, ainsi que Jacou, qui a perçu les pensées de Marianne. Les cousines sourient aussi, elles ont entendu les ébats, et savent pourquoi Anatole rigole.

      Il veut bien se faire masser. Il se sent comme endolori après sa sieste forcée et les potions de Jacou. C’est Manon qui se dévoue.  Elle propose mentalement à Anatole, pendant qu’elle le masse, de venir voir comment elle a aménagé ses quartiers qu’il lui avait préparés, mais rapidement, car elle doit aussi s’occuper du repas du soir. Anatole est d’accord.  Lui aussi a encore des tâches à exécuter avant le soir.

      Il essaie de se contenir.  Sa verge semble vouloir se dresser, et il ne veut pas montrer aux autres ce qui se trame avec Manon. Mais ils ont bien vu que son pénis était plus long qu’à l’habitude, ce qu’ils ont mis sur le compte du massage de Manon, et de ses mains devenues si expertes.

      Les massages sont finis pour aujourd’hui.  Chacun a quartier libre jusqu’au repas du soir.

 

Annexe 18

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